«Cloridorme contre-attaque»

Dans No 01 - Février 2011. par

 Au tout début de notre saga Internet, le Géant Telus s’est retrouvé seul dans le dossier parce qu’il a offert ce que les autres promoteurs ne pouvaient, semble-t-il, nous offrir. On nous accordait une toute nouvelle technologie, la HSPA, une des plus avancées au monde et les services combinés d’internet et de téléphonie cellulaire.

Or, la HSPA est une technologie qui a été déployée pour développer la téléphonie mobile et plus ou moins conçue pour l’utilisation d’Internet à la maison. Chez Telus, bien que les dirigeants aient annoncé que cette technologie a été la plus économique à mettre sur pied, elle est la plus onéreuse à utiliser puisque basée sur des coûts de téléphonie cellulaire.

Clément Audet de Telus nous avait affirmé que nous aurions un accès Internet pouvant atteindre les 14,4 Mb/s en aval et 5 Mb/s en amont. Cependant, même ceux qui sont assis sous les tours n’atteignent que la moitié de cette vitesse. Cette technologie devait être concurrentielle à ce qui s’offre dans les villes en termes de prix. Mais, ce que M. Audet a omis de mentionner, c’est le petit bout suivant : « pour une technologie comparable ». Donc, il a omis de dire toute la vérité.

Les deux ou trois premiers mois, il semble que Telus ait analysé nos habitudes de consommation et que la majorité des gens consomment sous les 5 GO. Mais, ils ont oublié une importante variable : durant les premiers mois, la majorité des utilisateurs subissaient des trentaines de coupures de service s’échelonnant sur 10 minutes chacune et même plus. Aujourd’hui, les coupures se font moins fréquentes même si pour certains, elles sont toujours présentes.

Et que dire des coûts : 1 GO pour 29,95 $ 1 GO à 4 GO pour 39,95 $ 4 GO à 6 GO pour 49,95 $; 6 GO à 10 GO pour 59,95 $. Et chaque GO supplémentaire utilisé coûte 10 $, mais vous avez droit ici à un service illimité (il vaut mieux en rire). Donc, si vous utilisez 40 Go dans le mois, il en coûtera 60 $ + 30 GO X 10 $, soit la jolie facture de 360 $… Technologie conçue pour la Gaspésie?

Selon une étude récente de Cisco sur l’utilisation de l’Internet pour la période 2009-2014, un accès haute vitesse génère en moyenne 14,9 Go de trafic Internet par mois pour l’année 2009-2010, contre 11,4 Go par mois pour l’année précédente, une augmentation de 31 %. Toujours selon cette même étude, l’augmentation prévue pour l’année 2010-2011 sera de 42 %. Que feront la majorité des gens avec HSPA qui offre 1GO de téléchargement par mois?

Les représentants de Telus ont reçu la consigne de dire aux gens de vérifier leur consommation Internet et aussi de diminuer les accès à YOUTUBE, SKYPE, TOU.TV et tous les sites de téléchargement trop énergivores. Aussi bien se passer de la Haute Vitesse. Et comment songer à attirer des travailleurs, comment arriver à faire un travail ou de l’étude à distance et qu’arrive-t-il aux entreprises qui n’ont pas le droit d’utiliser cette bande passante qui offre un trop faible débit?

Et si on parlait du cellulaire. Je connais des gens qui n’ont même pas été remboursés pour le service non utilisé de leur cellulaire « Ancienne Génération ». D’autres ont dû changer leur cellulaire pour un 3G, car le leur ne fonctionnait plus dans notre zone et ils n’ont pas été compensés. Et pourquoi donc un cellulaire? C’est bien sûr une technologie intéressante lorsque vous avez à rejoindre quelqu’un et que vous êtes dans un endroit inaccessible. Sauf qu’ici, si vous vous éloignez à plus de 2 ou 3 km des tours, votre cellulaire cessera de capter. À la maison, nous n’en avons pas besoin, nous avons déjà un téléphone filaire.

Quand la CRE (Conférence régionale des élus) a accepté cette nouvelle technologie, des Municipalités en ont été soustraites dont Escuminac, village important pour un certain dirigeant de la CRE. Ils ont été éblouis (comme le dit si bien Marie Queenton sur Ploguez-nous de Facebook) par le tout nouveau « mirage technologique ». Ils ont jugé la technologie bonne pour les autres villages, mais pas pour Escuminac. Pourquoi donc M. Berger? Vous aussi, vous auriez pu bénéficier de ce « majestueux service », pour reprendre les propos de Dominique Fournier sur « Ploguez-nous ».

À Cloridorme, comme les autres municipalités qui vivent nos difficultés, nous croyons que nous avons droit à un service de qualité à des coûts abordables et qui se comparent avantageusement aux coûts du filaire. Nous ne sommes pas des citoyens de deuxième zone et nous voulons être respectés, tant par Telus que par nos dirigeants municipaux, provinciaux, fédéraux, etc.  Actuellement, nous constatons que le dossier a tourné autour du politique et nous faisons appel à ce même politique pour régler la situation de Cloridorme et bientôt, celle de L’Anse-au-Griffon et des municipalités dévitalisées touchées par cette technologie.

Bien des gens ont dit se priver d’utiliser l’Internet afin que leurs enfants puissent en bénéficier. Ce n’est pas normal qu’on nous dise que Telus répond aux attentes des gens quand on sait que beaucoup ne portent pas plainte. Nous étions près de 50 personnes à réagir le jeudi 20 janvier à l’Hôtel de Ville de Cloridorme face à la situation dans laquelle on nous a plongés. Des clients se sont carrément déconnectés du système, certains refusent ce service qu’ils jugent inadéquat, alors que d’autres n’en demandent que l’amélioration : il y a encore des coupures, les coûts ne sont pas les mêmes pour tous. Ceux qui ne se sont pas encore plaints n’ont tout simplement pas reçu leur première facture. La réaction ne devrait pas se faire attendre… On offre des gratuités différentes à ceux qui ont subi des coupures ou qui se sentent lésés, mais pas les mêmes à tous les clients, car on divise pour mieux régner. Certains paient un montant de base de 29,95 $ pour 1 GO et d’autres paient 35 $. Certains ont des contrats de 2 ans alors que d’autres, des contrats de 3 ans.

Nous croyons qu’ils en ont plein les bras avec une technologie dont nous sommes les cobayes et qu’eux-mêmes ne maîtrisent pas parfaitement. Une première au Canada, disent-ils… mais ce n’est pas à nous d’en assumer les frais.

ET si rien n’est fait, nous envisageons des actions plus percutantes…

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