Où trouverons-nous notre Espérance? (suite)

Dans No 9 - Octobre 2020. par

Dans mon texte de la dernière parution du journal Le Phare, j’ai évoqué les écrits de quelques personnalités qui ont marqué l’histoire de notre planète, la Terre. Ces personnages sont : Henry David Thoreau, Aldo Leopold, le pape François, Richard Séguin et une jeune fille Greta Thurnberg. Je ne suis pas le seul à prendre leurs témoignages au sérieux. Ce que j’écris aujourd’hui n’est pas de l’humour, mais je compte quand même toucher les cœurs par mon propos.

Souvent, il faut reculer assez loin dans l’histoire pour dénicher le savoir de ces personnes concernant le fait que notre planète Terre réagit mal aux interventions intempestives des hommes.

Michel Onfray, dans la préface du livre, «Walden» de Thoreau, incite le gouvernement à instruire le monde à la Nature. Et le monsieur n’y va pas de main morte. Pour lui, il faut savoir refuser les fausses valeurs de la civilisation : la mode, l’argent, les honneurs, les richesses, le pouvoir, la réputation, le succès, les mondanités; et vouloir les vraies valeurs de la nature : la simplicité, la vérité, la justice, la sobriété, le génie, le sublime, la volonté, l’imagination. Boucar Diouf 1, dont l’enfance fut marquée par les virus de la poliomyélite et celui de la malaria, nous instruit sur ce monde de la vraie nature en nous révélant son savoir : les bactéries nous possèdent et non l’inverse. Selon l’article du journal le Devoir, ce scientifique persiste à dire que la crise actuelle n’est pas sanitaire, mais environnementale 2. Où, quand ,comment fait-on l’éducation de cette priorité qu’est le soin à apporter à cet espace de vie qu’ont en commun tous les locataires de la Terre ?

Si l’on se réfère maintenant, au point de vue du pape François qui, entouré des plus grands hommes de sciences 3, a écrit en 2015 l’encyclique « Laudato SI » nous constatons que son discours est très actuel. Le virus qui fait rage chez les gens qui habitent la « maison commune 4 » donne complètement raison à ses énoncés.

Et la maison commune c’est la planète Terre et son environnement. Depuis près d’une demi-année, notre planète subit une grave menace sanitaire en plus des chambardements climatiques. Ce que le pape François souhaite, c’est constituer une base expérimentale pour les réflexions et les impulsions vers un tournant écologique. Le pape François ne se limite pas à l’écologie, il veut mettre en valeur la bienveillance et la bonté de Dieu. Plusieurs autres papes ont fait état des préoccupations des hommes en écologie, cependant une évolution s’est produite dans leur pensée depuis une cinquantaine d’années. Ainsi, on peut lire :

Chez Paul VI : Le développement aide à nourrir les pauvres, mais afin de produire des fruits durables, il doit respecter les lois de la nature.

Chez Jean Paul II : Quand la dégradation environnementale affecte les pauvres, elle doit être arrêtée.

Chez Benoit XVI : Nous devons protéger l’environnement naturel, parce que Dieu l’a créé avec un ordre précis. (le « pape vert »)

Chez François : Sauvegardez notre maison commune et vivez fraternellement avec les créatures.

« Laudato SI » ne veut pas que l’autorité magistérielle 5 du pape devienne un poids politique et méthodologique quant à l’environnement.

Avec l’aspect souffrant de toute la terre : les changements climatiques, le réchauffement de la planète, l’alimentation et la population, la montée du niveau des mers, la quantité et la qualité de l’eau pour tous sont des exemples de réalités à prendre au sérieux. Il est urgent que les habitants de la terre décident de se planter les pieds dans la friche afin d’agir de façon écologique! Pour les croyants, de quelque religion soient-ils, la Foi qu’ils ont en la bonté et la fidélité de Dieu ne fait pas défaut à la grande œuvre de la Création. Dieu qui nous a créés sans nous ne veut pas nous sauver sans nous 6! Je suis croyant, mes deux meilleurs amis se disent athées, mais je trouve qu’ils sont bons comme le bon pain de l’évangile! Et quand je leur montre notre Grande-Vallée et tout l’Estran, les mots qui leur viennent en tête sont : « mais c’est un paradis! » La nature y a été favorisée par une providence munificente. Dans notre coin de pays, le respect de l’environnement est une valeur bien ancrée. Et la fierté des gens les pousse à faire de la maison et du terrain qu’ils occupent un milieu où il fait beau et bon vivre. Et peut-être qu’avec les actions concertées de nos marguillers et de notre évêque, nous pourrons aussi recommencer à prier dans notre belle église, si beau monument patrimonial, signature de notre village.

Toujours dans un souci environnemental, bientôt, grâce à l’excellente gestion du maire et de son conseil municipal auprès des autorités provinciales, nous pourrons circuler de façon sécuritaire dans l’un des plus beaux écosystèmes de la Gaspésie. Je parle de la route de la Rivière, mise à mal depuis plusieurs décennies par d’inévitables et incessants trafics de camions lourds et des inondations trop fréquentes. Peut-on concilier industrie et écologie? Question sur laquelle se penchent plusieurs décideurs.

François, c’est une évidence, bouscule le ronron des catholiques psychorigides ou opportunistes et darde la conscience tranquille des mauvais riches. Depuis qu’il occupe le trône pontifical en 2013, il dénonce le capitalisme qui tue les humains, le réchauffement climatique en prônant le dialogue plutôt que des condamnations. 7

Bien sûr, s’opposer aux « mauvais riches » ne fait pas l’affaire de tous, en particulier au pays de Trump. Chez nous aussi au Canada, une telle opposition fait des ravages. Les « mauvais riches » et les mauvais décideurs ne sont pas les seuls à blâmer. Existent aussi des ignorants du genre je-m’en-foutisme de tout acabit, des adeptes de la théorie du complot et la masse silencieuse des indifférents. L’enjeu majeur c’est de trouver un mobilisateur qui permettra de faire front commun contre l’indifférence face à ces menaces dues au non-respect de l’environnement et de notre maison commune. Sinon, que faire alors, si ce n’est s’arrimer avec une indéfectible Foi renouvelée à ce qu’il y a de fondamentalement bon chez l’Humain.

C’est là notre Espérance!

Dieu dans son infinie bonté ne nous a-t-il pas créés à son image?

Ha! cette question qui tue…

 

1  La pandémie revue et corrigée selon Boucar Diouf | Le Devoir 11 mai 2020 …
Préparer la paix, pas la guerre. 
2  idem
3  Tout le document
magistériel résulte manifestement d’un dialogue avec des théologiens, des philosophes, des sociologues et des scientifiques.
4  Présentation et guide de lecture par le Cardinal Gerhard Müller. C’est l’expression privilégiée pour parler de la planète Terre.
5  Le Magistère de l’Église du latin magister, « celui qui enseigne, le maître » désigne l’autorité en matière de morale et de foi de l’ensemble des évêques et spécialement du pape, sur les fidèles catholiques.
6  Saint Augustin.
7  Louis Cornellier, Les mauvais riches contre le pape.
 
 
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