Travail de milieu : Pourquoi se drogue-t-on?

Dans No 09 - Novembre 2019. par

IL EST TOUJOURS DIFFICILE DE SAVOIR RÉELLEMENT POURQUOI UNE PERSONNE SE DROGUE. LES RAISONS QUI POUSSENT À EXPÉRIMENTER UNE DROGUE NE SONT PAS LES MÊMES QUE CELLES QUI AMÈNENT À RENOUVELER CETTE CONSOMMATION, VOIRE À EN DEVENIR DÉPENDANT

  1. POUR S’AMUSER ET SE DÉTENDRE ?
     Lorsqu’une personne prend une drogue, elle s’attend à ressentir des sensations plaisantes et à en tirer un bénéfice. Ainsi, beaucoup de personnes n’hésitent pas à boire de l’alcool pour se détendre et se sentir bien avec les autres. Certaines peuvent consommer de la drogue lorsqu’elles vont dans des soirées, dans le même but de s’amuser et d’éprouver du plaisir. Ces usages récréatifs de drogues ou d’alcool sont le plus souvent ponctuels.
  2. POUR FAIRE DES EXPÉRIENCES DIFFÉRENTES ?
     C’est la recherche de sensations et la prise de risque qui motivent alors l’usage de drogue. Par exemple, un adolescent peut prendre une drogue uniquement pour éprouver une nouvelle sensation. Son but est d’aller au-delà de ce qu’il ressent habituellement. Dans la grande majorité des cas, ces expérimentations ne sont qu’une phase de la vie. Elles se terminent sans dommage et sans qu’une quelconque dépendance ne s’installe. Cependant, elles représentent des prises de risque importantes, surtout lorsque c’est la maximisation des sensations qui est recherchée.

  3. POUR FAIRE FACE À DES PROBLÈMES ?
    L’objectif peut être de s’échapper de la réalité. La drogue est utilisée comme un anesthésiant des pensées, des sentiments, des émotions, de la souffrance. Les usagers disent souvent qu’ils utilisent la drogue pour « oublier » ou pour « décompresser ». L’anxiété, les problèmes relationnels, les traumatismes du passé et le mal-être ressenti sont souvent à l’origine de ces usages. Ces consommations sont propices à ce qu’une dépendance s’installe et que la situation de l’usager se dégrade. Mais elles peuvent aussi n’être qu’une période difficile de la vie dont la personne finit par se sortir.

  4. POUR APPARTENIR À UN GROUPE ?
    On peut également se droguer par conformisme, « pour faire comme les autres », parce que c’est un signe d’appartenance au groupe. Parfois, l’usage de drogues est même valorisé pour être  « plus cool ». Pour les jeunes en particulier, le souci de reconnaissance peut également jouer négativement : on se drogue alors par rébellion, pour se distinguer des autres, en premier lieu de ses parents mais plus globalement des adultes. Ils cherchent ainsi à se forger une identité qui leur est propre.

  5. POUR AMÉLIORER SES PERFORMANCES ?
    Être performant, en forme, avoir de l’énergie, tenir face à la pression des examens, du travail sont autant de raisons évoquées pour faire usage de drogue.  Le consommateur, n’ayant souvent pas conscience de se droguer, se convainc que sa réussite dépend de cette consommation. Si ces conduites dopantes sont banalisées, voire valorisées, elle n’exclut pas le risque de dépendance.

Quelles qu’en soient les raisons et les modes de consommation, l’usage de drogue n’est pas sans risque.

COMMENT SAVOIR SI J’AI UN PROBLÈME

UNE CONSOMMATION PROBLÉMATIQUE EST UNE CONSOMMATION QUI ENTRAÎNE CHEZ L’USAGER DES DIFFICULTÉS PHYSIQUES, PSYCHOLOGIQUES, AFFECTIVES, FAMILIALES OU PROFESSIONNELLES. MALHEUREUSEMENT, IL N’EST PAS TOUJOURS ÉVIDENT DE S’EN RENDRE COMPTE. CETTE PRISE DE CONSCIENCE SUPPOSE D’AVOIR UN CERTAIN RECUL SUR SA CONSOMMATION

  1. UNE CONSOMMATION QUI SE MODIFIE ?
     Votre consommation de drogue peut rester très occasionnelle et ne pas vous poser de problème. Toutefois, sans être dépendant, votre consommation peut devenir problématique : les quantités de drogues absorbées sont de plus en plus importantes, la fréquence augmente et les conséquences sociales sont de plus en plus nombreuses.
    Vous pouvez être dépendant : prendre des drogues devient un besoin, vous ne pouvez plus vous en passer. Vous finissez par consommer pour ne plus être en manque.
  2. DES SIGNES INQUIÉTANTS ?
     Des remarques répétées de la part de vos proches peuvent également constituer des signaux d’avertissement. Même subjectives, ces observations vous permettent de vous poser certaines questions : « Êtes-vous sujet aux sautes d’humeur ? », « Vous arrive-t-il d’être absent à l’école ou au travail ? ». Tenir compte de ces remarques et comprendre pourquoi votre entourage vous en parle peut vous alerter sur le caractère problématique de votre consommation.
  3. SUIS-JE DÉPENDANT ?
     Pour savoir si votre consommation est problématique, voire si vous êtes dépendant, vous abstenir de consommer pendant un certain temps peut vous permettre d’obtenir une réponse concrète à votre question. Si vous ne ressentez pas de difficulté particulière, alors vous pouvez penser que vous maîtrisez votre consommation, ce qui ne signifie pas qu’elle n’est pas sans risque pour votre santé. Le cas contraire peut vous amener à vous poser des questions sur la place qu’occupe la drogue dans votre vie et qui rend si compliqué l’arrêt.

Lorsqu’on se sent en difficulté avec les drogues, quelles que soient les quantités consommées ou la fréquence de consommation, que l’on ait ou non le sentiment d’être dépendant, il ne faut pas hésiter à demander conseil et si besoin À SE FAIRE AIDER..

 

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