Poivre et Sel

Dans No 07 - Septembre 2019. par

Tempus fugit
L’air est plein du frisson des choses qui s’enfuient.
Charles Baudelaire,
Les Fleurs du mal

Écrire ma chronique, oui mais encore faut-il que dans ces jours de fin d’été, la vie me laisse un peu de temps libre. Et ce n’est pas le cas en ce début de septembre. Je suis retraité, mais cela ne veut pas dire que je suis arrêté. D’abord, il me faut faire du ménage partout sur notre terrain. Ce qui inclut du travail de cueillette dans les trois jardins que ma femme a ensemencés au printemps, du remisage de bois de chauffage avec Jean- Bernard ainsi que d’autres petites tâches quotidiennes. Dans notre colonie, ce serait outrageux pour mes concitoyens si fiers de permettre à l’entropie de prendre la place du travail nécessaire et de laisser pour soi et pour les autres un aspect désolant sur le lieu où l’on vit. Et pour la personne, l’entropie c’est un poison mortel. Mes collègues qui ont tourné en rond après avoir pris leur retraite sont pour la plupart décédés. Ils s’étaient sans doute enlisés dans une espèce de sable mouvant plein de mélancolie. « Les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone. Tout suffocant et blême, quand sonne l’heure, je me souviens des jours anciens et je pleure.»
J’aurais aimé vous parler cette fois-ci, de la période électorale sur la scène du grand Canada. Comme moi, vous savez que les spéculations sur ce qui nous mènera vers les élus se multiplient au prorata du nombre de votants. C’est le phénomène spéculatif à son meilleur. C’est le cas de le dire : ils n’en mouraient pas tous, mais tous étaient frappés. Les chefs à la Trudeau, à la Scheer, Singh, May, Blanchet, Bernier vont y aller de leurs promesses bien souvent irréalisables. À une autre époque, j’ai bien connu Alexandre Cyr, un de nos anciens députés d’allégeance libérale. Un bon député qui s’occupait de son élection. Une fois élu, il se rapprochait encore plus de sa population. Il aimait rire et faire rire. Un jour, il m’a raconté comment se passaient ses élections dans la petite population de l’Île Bonaventure. Son organisateur, un homme sérieux faisait si bien son travail qu’Alexandre recevait tous les votes sauf un. Un jour, il a demandé à son organisateur :
-Peux-tu me dire qui vote contre moi à chaque élection?
L’organisateur a répondu :
-Bon, pour te dire franchement, c’est moi!
-Mais pourquoi, rétorque Alexandre estomaqué ?
-Ok, je t’explique. Advenant qu’un jour, Alexandre, tu te fasses battre, moi, je serai là pour défendre la population avec les conservateurs. C’est aussi simple que ça !
Cet organisateur électoral était un homme hors normes !
J’aurais aussi aimé vous parler de l’hiver qui s’en vient et que l’on prédit hélas très rigoureux ! Hier, m’en revenant du village en chanson, j’ai été frappé par le changement de couleur de la montagne à l’ouest du village. Oh, je ne comprends pas comment j’ai pu constater cela, considérant mon daltonisme. Pourtant hier, la nuance de couleurs était faible dans les montagnes. Et je l’ai perçue! Parlant de l’hiver, cela me rappelle cette saison à la petite école. Nous avions une institutrice qui avait toutes les qualités d’un ange. Estelle de Mont-Saint-Pierre était belle, douce, brillante et surtout patiente. Elle avait une patience grande comme la montagne qui faisait face à l’école. Cette montagne luttait contre le vent du nord-ouest. Donc, elle était exposée à de grosses accumulations de neige, parfois de glace, de vents et de refroidissements éoliens.
Pendant la journée, notre maîtresse nous accordait deux récréations de quinze minutes. Quand mon père avait ouvert le chemin pour sortir son bois de chauffage, nous en profitions, en ces temps bénis, pour grimper la montagne avec des traîneaux pour les uns et des skis pour les autres. Grimper la montagne une fois ne nous suffisait pas dans la même récréation, non ! La deuxième fois alors que nous faisions cette escalade, nous avions franchi la moitié de la montagne lorsque notre angélique maîtresse sonnait la fin de la récréation. Mauril qui avait une bonne oreille criait : sonnez plus fort, on n’entend pas ! Et nous filions vers le haut pour redescendre à pleine vitesse vers l’école avec une bonne dizaine de minutes de retard sur ceux qui ne se sentaient pas interpelés par la montagne.
Dans le site internet de l’Encyclopédie canadienne, il est rapporté que les conditions extrêmes des hivers canadiens semblent être la norme plutôt que l’exception. Le record de froid en Amérique du Nord a été atteint à Snag, au Yukon, le 3 février 1947, où le mercure est descendu à -63°C, une température à glacer les os. Cependant, l’hiver même rigoureux, possède aussi des attraits. On peut penser aux patinoires, au hockey, au ski alpin, au ski de fond, au surf des neiges, au patinage, à la raquette, au skidoo. On pourrait ajouter les sculptures sur glace et les forteresses où les enfants inventent des guerres où les balles de neige ne sont pas forcément amicales.
J’aurais aimé particulièrement vous parler du réchauffement de notre planète Terre. Mais, je suis captivé par deux planètes vedettes observables ces temps-ci, au sud de notre hémisphère, à savoir Jupiter et Saturne. Jupiter ressemble à une étoile géante, mais une planète brille et une étoile scintille. Et l’orbite de cette planète se trouve à 22 degrés au-dessus de l’horizon sud. C’est la plus grosse planète du système solaire. Elle se déplace vers l’ouest pour se coucher actuellement vers 22 heures. Quand vous lirez ces lignes, les jours auront raccourci pour donner plus de place à la noirceur. Si vous demeurez au village, tournez le dos à la mer et regardez en face de vous, c’est le sud et alors, il est possible que la planète soit encore visible. Jupiter vient après Mercure, Vénus, la Terre et Mars comme position par rapport au soleil.
La planète Saturne, elle, occupe sensiblement la même orbite que Jupiter. C’est la planète avec des anneaux. Sa luminosité est plus faible que celle de Jupiter, mais on peut aussi l’observer peu de temps après l’apparition de celle-ci. Mais je doute que cette dernière soit toujours visible vers le 25 septembre !
Bon, quand même un petit mot sur le réchauffement de la planète. Quand j’ai fait mes études en chimie, le professeur Sylvestre Crête arrêtait souvent son cours pour nous parler des dégâts causés sur l’environnement par les humains et leurs industries. Ce professeur nous disait que le soleil émettait plusieurs variétés de rayonnement, dont les rayons infrarouges, responsables de la chaleur, les rayons lumineux qui nous permettent de voir et les rayons ultraviolets très dangereux pour les êtres vivants sur la terre. Dès 1913, des savants avaient découvert que l’atmosphère terrestre était enveloppée par une couche d’ozone dont la formule chimique est O3. Cette molécule de gaz est tout simplement constituée de trois atomes d’oxygène de formule O2. Cet oxygène mêlé à l’azote dans les proportions de 20% et 80 % constitue l’air que nous respirons. À haute atmosphère cette couche nous protège des fameux rayons ultraviolets émis par le soleil. Par contre, les produits chimiques tels le chlore et des produits composés de chlore et de carbone, émis par certaines activités humaines vont contribuer à la destruction
de cette couche protectrice. Ce qui forme ce que les savants appellent un trou de la couche d’ozone et ce trou laisse passer les rayons ultraviolets qui ont une grave action sur la santé des êtres vivants sur la terre. L’humanité risque de perdre la couverture qui la protège. Les manifestations de cette brisure dans le trou de la couche d’ozone sont observables et les médias nous rapportent souvent des effets pervers qui ont un important impact sur notre environnement tel : la fonte des glaciers, la disparition de poissons, les tornades que vivent actuellement les gens plus au sud que nous. Depuis, les scientifiques ont alerté le monde entier du danger et plusieurs gouvernements ont mis en place des mesures visant à interdire certains composants industriels tels les gaz dits à effet de serre, etc. La couche d’ozone depuis, se réparerait lentement. Ce qui prouve que l’on peut faire quelque chose pour contrer le réchauffement climatique en limitant par exemple, l’utilisation des plastiques, en choisissant des voitures moins polluantes, etc. Cependant nous subirons encore longtemps les effets dévastateurs de certains voyous comme le dénommé Dorian!
Oui, j’aurais aimé vous parler de plein de sujets en ce septembre, mais je n’en ai vraiment pas le temps. Cependant, je me rends compte que selon mon habitude, j’ai encore une fois été trop bavard.

Print Friendly, PDF & Email

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.

*