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Premier atlas Web de la vulnérabilité de la population québécoise aux aléas climatiques

Dans Septembre 2018. par

Une équipe de chercheurs et de chercheuses des Départements de géographie et des sciences géomatiques de l’Université Laval, en collaboration avec Ouranos, lance un atlas Web sur la vulnérabilité de la population québécoise aux aléas climatiques. Sous forme de cartographie Web, cet atlas facile d’utilisation est accessible au grand public à compter d’aujourd’hui. Il s’agit d’une première puisque très peu d’information et aucune cartographie sur le sujet ne sont actuellement disponibles pour l’ensemble du territoire québécois.

Au Québec comme ailleurs dans le monde, l’accroissement de la récurrence et de l’intensité d’évènements climatiques extrêmes augmente la menace pesant sur la santé et la sécurité des populations. Les inondations du printemps 2017 ont touché 261 municipalités et 557 routes. 5 371 résidences ont été inondées tandis que 4 066 personnes ont dû être évacuées. Les coûts ont été estimés à plusieurs centaines de millions de dollars. À l’été 2010, le Québec a été frappé par une vague de chaleur sans précédent qui a eu pour effet d’accroître de manière significative dans certaines régions du Québec le nombre d’admissions aux urgences et le taux de mortalité brut. Cela représente environ 300 décès pour l’ensemble du Québec. Les périodes de canicules observées à l’été 2018 auraient quant à elles fait plus d’une centaine de victimes, en majorité des personnes en situation de vulnérabilité.

Or, la vulnérabilité de la population à ces aléas varie dans le temps comme dans l’espace, faisant en sorte que certains groupes sont plus à risque de subir des préjudices. Au cours des dernières années, l’évaluation de la vulnérabilité aux aléas climatiques a considérablement progressé et a inspiré diverses stratégies d’adaptation et de développement à différentes échelles d’intervention.

Initié à l’automne 2015, le projet de recherche qui a donné naissance à cet atlas avait pour objet d’étude la distribution géographique de la vulnérabilité de la population québécoise aux vagues de chaleur et aux aléas hydrométéorologiques. Réalisé en partenariat avec le consortium Ouranos et l’Institut national de santé publique, le projet est financé par le Fonds vert dans le cadre du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques du gouvernement du Québec.

Une cartographie disponible pour le grand public

À partir de données socioéconomiques, démographiques, caractérisant l’environnement bâti et l’accessibilité géographique à certains services, des indicateurs géographiques associés à la vulnérabilité aux vagues de chaleur et aux aléas hydrométéorologiques ont été calculés. À l’instar d’autres études menées dans le domaine, des analyses statistiques multivariées ont été utilisées dans la construction des indices de vulnérabilité afin de synthétiser l’information contenue au sein des indicateurs géographiques.

Les résultats issus des analyses statistiques ont permis de réaliser une cartographie de la vulnérabilité à l’échelle de la portion habitée des aires de diffusion des municipalités québécoises.

L’ensemble des couches d’information géographique contenant les indices de vulnérabilité et les différentes variables constitutives ont été incorporées au sein d’applications Web destinées au grand public où l’on retrouvera la cartographie à l’échelle des portions habitées des aires de diffusion du Québec municipalisé. « Initialement, l’atlas était destiné à être principalement utilisé par des professionnels de l’aménagement et des urbanistes. C’est après avoir consulté un grand nombre de ces professionnels que nous avons jugé nécessaire de rendre accessibles ces cartes de la vulnérabilité à un public plus large, moins spécialisé », souligne Nathalie Barrette, chercheuse principale et professeure au Département de géographie de l’Université Laval.

« L’atlas est un outil tout à fait pertinent dans un contexte où les changements climatiques affectent notamment les extrêmes, apportant son lot d’impacts sur les infrastructures et les communautés. Il est désormais urgent d’agir tant en réduisant les gaz à effet de serre qu’en réduisant les risques d’impacts. C’est inévitable, la population devra apprendre à vivre avec une nouvelle réalité climatique », complète Alain Bourque, directeur d’Ouranos.

En accédant à l’atlas, il est notamment possible pour l’utilisateur néophyte de naviguer à travers la carte, de cliquer sur des entités géographiques afin de faire apparaître des fenêtres contextuelles et de faire afficher des couches. Des fonctionnalités s’adressant à un public initié ont aussi été intégrées. Ainsi, un utilisateur peut effectuer des requêtes sur des critères tabulaires ou spatiaux, extraire des données d’entités sélectionnées ou encore ajouter des données personnelles à la cartographie. « Nous voulions mettre à la disposition du grand public une application conviviale, ergonomique, simple d’utilisation où l’on retrouverait aussi des fonctionnalités d’analyse plus avancées », mentionne Benoit Lalonde, coordonnateur du projet.

Un site Web élaboré par l’équipe de recherche explique clairement ce que représentent ces cartes et l’usage que l’on peut en faire. Les données géographiques issues des analyses ont aussi été implémentées dans l’application Territoires du ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT).

Site Web de l’atlas: www.atlasdelavulnerabilite.ca
Facebook: www.facebook.com/atlasdelavulnerabilite

Nathalie Barrette
Professeure au Département de géographie
Université Laval
T. : 418 656-2131, poste 5758
nathalie.barrette@ggr.ulaval.ca

Benoit Lalonde
Professionnel de recherche
Département de géographie
Université Laval
T. : 418 656-2131, poste 6490
benoit.lalonde@ggr.ulaval.ca
atlas.vulnerabilite@ggr.ulaval.ca

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