Les belles rencontres

Dans No 2 - Mars 2018. par

Ce mois-ci dans le cadre des belles rencontres, je vais vous présenter Karine Fournier, coordonnatrice de la Maison des Jeunes à Grande-Vallée.

Karine est native de Grande-Vallée, où elle a grandi. Lorsqu’est venu le temps des études, pour ne pas trop s’éloigner, Karine a étudié au Cégep de la Gaspésie et des Îles à Gaspé. Son domaine d’études, l’éducation spécialisée, va lui servir toute sa carrière. Au fil des années, elle a travaillé comme intervenante dans la stimulation précoce d’enfants de 0 à 5 ans, dans des écoles, dans des centres jeunesse, dans des maisons de réinsertion sociale et des foyers pour personnes lourdement handicapées avec de graves problèmes de comportement.

En 2011, pour des raisons d’emploi, Karine, son conjoint et leur petite famille ont déménagé à Mont-Joli. Ils y sont restés cinq ans. Elle a aimé l’expérience, mais était très contente de revenir aussi dans son village natal. Même si la première année, après leur retour, Karine et son conjoint devaient se lever très tôt pour aller travailler à Gaspé, ils avaient l’appui des grands-parents qui s’occupaient du lever des enfants. Que ferait-on sans les grands-parents ? Karine est très consciente de la chance qu’elle a de vivre près de sa famille élargie. Elle ajoute que ça fait partie de la qualité de vie qu’elle peut offrir à ses enfants à Grande-Vallée. Dans un milieu où beaucoup se connaissent et où les familles sont tissées serrées, les jeunes peuvent grandir en confiance et développer leur autonomie, puisqu’ils savent qu’ils sont bien entourés.

Développer l’autonomie des jeunes est une priorité chez Karine, sa clientèle préférée est sans conteste celle des adolescents. Elle reconnaît que c’est un âge avec beaucoup de défis, mais elle affirme aussi que c’est un âge où l’on apprend à se connaître et on est ouvert à découvrir de nouvelles choses. À cet âge, on peut semer une graine et la graine a de très bonnes chances de germer et prendre racine.

C’est pour cela que Karine adore ce qu’elle fait à la Maison des Jeunes. Elle a commencé à y travailler comme coordonnatrice l’été dernier. La première question qu’elle s’est posée était : qu’est-ce qui attirerait les ados à la Maison des Jeunes ?

La réponse n’a pas été difficile à trouver : la musique. C’est tellement un bon moyen de canaliser des énergies et d’exprimer des émotions ! Mais les instruments et les cours de musique coûtent cher. Ce ne sont pas tous les parents qui ont les moyens d’acheter les instruments de musique et de payer des cours. Même ceux qui en ont les moyens se voient parfois désemparés quand leurs enfants, ayant commencé avec un instrument, déclarent qu’ils veulent changer pour un autre. Acheter une guitare, passe encore, mais acheter un piano ?

Alors Karine a eu l’idée de monter un projet communautaire pour acheter des instruments de musique. Elle a soumis ce projet au Fonds d’investissement communautaire de Telus, qui lui a accordé 5 000 $ pour l’achat des instruments.

La Maison des Jeunes est maintenant l’heureuse propriétaire des instruments suivants : guitare acoustique, électrique, base, ukulélé, piano numérique, batterie, amplificateurs et table de DJ. Résultat ? Des jeunes qui viennent à la Maison et s’amusent en « placotant » avec différents instruments. Ils peuvent jouer ce qu’ils désirent et jamais Karine ne leur dira que ça fait trop de bruit.

Karine a aussi eu l’heureuse idée de demander à Julien Lebreux et Mathilde Côté s’ils pouvaient venir accompagner les jeunes dans la découverte de la musique. Avec la bonne volonté qu’on leur connaît, les deux ont accepté.

Grande-Vallée est chanceuse d’avoir une Maison des Jeunes dynamique avec une coordonnatrice engagée. Karine, elle, se compte chanceuse de vivre et travailler à Grande-Vallée. Comme elle le dit si bien : on ne travaille pas dans le communautaire pour la paie, on y travaille pour le cœur, pour être proche des gens, pour bâtir le milieu et renforcer la communauté.

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