L’immigration, une solution viable aux problèmes de dévitalisation de la région?

Dans No 10 - Décembre 2017. par

Exode rural, dévitalisation, chômage… tous ces termes sont maintenant régulièrement associés à la situation actuelle en région. Bien sûr, ces termes s’appliquent à la réalité gaspésienne, mais ils font également partie d’une conjoncture mondiale où nombre de pays vivent le même type de difficultés. Depuis longtemps, on observe et travaille sur les problèmes démographiques liés à l’urbanisation dans les pays en voie de développement, mais il est plus récent qu’on s’inquiète réellement de la situation ici. Ces symptômes, qui ont si soigneusement été étudiés ailleurs, semblent avoir été quelque peu négligés ici au Canada. Peut-être est-ce dû au fait qu’on se sent plus à l’abri dans un pays dit « industrialisé ». Toujours est-il que nos régions sont maintenant aux prises avec des problèmes démographiques importants : des jeunes qui partent vers les centres urbains et une population de moins en moins nombreuse et de plus en plus vieillissante.

Inutile de vous énumérer toutes les conséquences liées à la dévitalisation…, il suffit de penser aux écoles qui risquent de fermer et à l’économie de la communauté qui fonctionne au ralenti. C’est donc dans le but de relancer tout cela que le projet ESTRAN-AGENDA 21 a été mis sur pied, et c’est ainsi que le comité démographique de ce même projet, après avoir constaté le manque de succès des tentatives de rapatriement des jeunes et l’incapacité « locale » de combler ce « vide » démographique, a lancé l’idée de faire appel à l’immigration.

Avant de continuer, il est important de savoir que l’immigration est devenue la solution par excellence aux problèmes de démographie. En effet, avec un taux de natalité de 1,4 enfant par famille, la population québécoise est en décroissance et doit, par conséquent, être compensée par l’afflux de personnes venant de l’extérieur du pays. De plus, l’immigration crée une forte croissance économique dans sa région d’accueil, tout en amenant une diversité culturelle enrichissante pour la communauté. Il est donc évident que l’implantation d’une communauté immigrante en Gaspésie ne pourrait être que bénéfique, mais avant d’en arriver là, il faudra faire face à plusieurs difficultés.

En effet, la grande majorité (79 %) des immigrants qui viennent au Québec vont s’installer à Montréal. Il y a plusieurs raisons à cela, d’abord, Montréal a déjà une grande diversité culturelle, ce qui est un atout très attrayant pour de nouveaux arrivants qui ont peur d’avoir de la difficulté à s’intégrer. Ainsi, ils peuvent retrouver un peu de leur culture dans leur nouvel environnement. La région de Montréal offre également l’avantage d’avoir plusieurs organismes d’accueil et de support des immigrants, ce qui facilite leur adaptation.

Par contre, les centres urbains n’offrent pas que des avantages. Les loyers y sont souvent très chers et, par conséquent, les nouveaux immigrants sont souvent confinés dans les quartiers plus pauvres ou dans des HLM. De plus, une bonne partie des nouveaux arrivants disent voir d’un mauvais œil leur intégration, notablement à cause de l’aspect impersonnel des grandes villes et de l’incapacité des organismes de support, d’aider un nombre toujours croissant de personnes. C’est là tout l’attrait des régions : un contact plus humain avec la population, une possibilité de logement plus spacieux… bref, une meilleure qualité de vie.

Mais les difficultés ne s’arrêtent pas là, il reste les questions de transport (permis de conduire, possession d’un véhicule), de langue, d’identité culturelle, d’emploi, etc. Nous avons déjà établi quelques pistes de solutions et j’essaierai de vous tenir au courant des nouveaux développements. Je passerai donc une partie de l’été à travailler sur le sujet, afin de déterminer si ce projet est viable. Pour ce faire, j’aurai à travailler avec la communauté immigrante de Québec et de Montréal et je ferai quelques séjours chez vous. Peut-être aurai-je le plaisir de rencontrer certains d’entre vous.

Volume 11
numéro 6 août 2003

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