Vieillir c’est vital

Dans No 07 - Septembre 2017. par

Ne subissons pas le vieillissement, vivons-le !

Notre société aime les grands mots, surtout ceux qui se terminent par « logue » ou « logie ». Au cours des années 30, ils ont forgé le mot « gérontologie » ou science du vieillissement ou la vieillesse.Notre société aime les grands mots, surtout ceux qui se terminent par « logue » ou « logie ». Au cours des années 30, ils ont forgé le mot « gérontologie » ou science du vieillissement ou la vieillesse.

L’être humain possède un corps et un esprit. Le corps évolue, change et vieillit et tout cela se fait en même temps. Les lettres les plus importantes du mot vieillissement sont les 3 premières : VIE.

Comme le bon vin, l’être humain prend de la valeur en prenant de l’âge. C’est à nous de vieillir de façon positive ; alors on parlera d’âge d’or, de vie montante, de sommet de l’existence.Vivre notre vieillissement n’est pas s’y résigner, mais l’accepter, ce qui est beaucoup plus sage et plus efficace.

1- Apprivoiser le vieillissement

Ce n’est pas à 40-60 ou 80 ans que le vieillissement nous tombe dessus. C’est un phénomène qui commence dès la naissance et se manifeste petit à petit. C’est comme cela qu’on doit l’accepter, l’apprivoiser.

A- La réalité 

Le vieillissement est une réalité dont on ne se rend pas compte quand on est jeune. On ne se souvient pas quand on était petit, on avait hâte de grandir, hâte que la première neige tombe à Noël, aux vacances, de finir ses études et de commencer à travailler. Plus tard, on avait hâte de se marier, d’avoir des enfants, que les enfants grandissent, qu’arrive la retraite pour se reposer, que les fêtes arrivent ou soient passées. Maintenant on a hâte que l’hiver finisse, que les enfants nous visitent, que notre chèque de pension soit à la poste.

Pendant tout ce temps-là on devient de plus en plus âgé parce que nous avons de la chance.Nous vivons dans le siècle le plus riche en inventions. Il y a parmi nous des personnes qui ont vu les premiers avions, nous disions aéroplanes ; les automobiles, les tourne-disques qu’on appelait gramophones, les téléphones à manivelles et la machine à laver le linge, la sécheuse, le lave-vaisselle et la cuisinière électrique, l’électrocardiogramme, la pénicilline, etc., etc.…

B- Le droit à la reprise.

Nous apprenons en faisant des essais, des erreurs, mais aussi des reprises et des réussites. En particulier le droit de reprise est indispensable. Se reprendre, c’est être lucide avec soi-même. Ne soyons pas trop sévères avec nous-mêmes. On dit qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’idée. Si on exerce notre droit de reprise, on rend possible le changement en notre faveur. De plus, on pourrait étonner ceux qui nous croyaient incapables de changer.

C- L’autobienveillance

Pour une vieillesse heureuse, on doit pratiquer l’autobienveillance. C’est se vouloir du bien, être en accord complet avec soi-même. C’est le contraire de la dépréciation. C’est la loyauté envers soi-même. « On n’attend pas des jours meilleurs, on les fait » ; disait madame Françoise Gaudet Smet. Elle avait 82 ans à ce moment-là ! En devenant plus conscient de ce que l’on vit, on se met en état pour mieux vivre, pour vieillir gagnant.

2- Le vieillissement en général.

Il n’y a pas seulement les êtres vivants qui vieillissent, les matériaux aussi. Pour nous, ce qui est intéressant, c’est le vieillissement des humains. Cependant, la vie ne cesse pas avec nous, car nous n’avons pas la vie, mais une vie. En effet chacun de nous est unique. Un grand cinéaste comparait le vieillissement à l’ascension d’une montagne : « Plus vous montez, plus vous êtes fatigués et essoufflés, disait-il, votre vision des choses devient beaucoup plus étendue ». L’arbre aussi est une belle image de la vie humaine. Il y a une partie visible et une partie invisible. De plus l’être humain, comme l’arbre, doit lutter pour vivre.

3- Des mots à découvrir« Vieux » ou « Vieille » est un mot dérangeant.

Il y a des mots auxquels on peut difficilement s’habituer. Par exemple : « Écœurant » un écœurant de bon prof, une écœurante de belle table, c’était « écœurant » donc pour qui c’était très très beau ou très très bon ou très très intéressant. Comme vocabulaire, on peut voir mieux.

On utilise le verbe vieillir facilement, mais vieux, vieille, on aime moins parce que souvent on y sent du mépris du dédain.

Par contre, si on emploie le mot « senior » c’est beaucoup plus valorisant, car c’est être expérimenté, avancé, promu. On a beau dire, les mots que nous utilisons font mal ou aident.

Donc, vieillir, c’est la réalité, être appelé vieux ou vieille est déplaisant. 

Devenir « senior », c’est une promotion, un investissement. 

Pour terminer quelques définitions : vieillir signifie devenir vieux. Le Dr Henri Péquignot dit que : « Vieillir, pour tout être vivant, c’est à la fois durer et changer, avancer vers un terme certain quant au fait, mais incertain quant aux circonstances ».

 En 1979, à Québec, à la Conférence internationale de Gérontologie sociale, les experts ont défini le vieillissement comme L’ensemble des phénomènes qui apparaissent successivement avec l’avancement de l’âge chronologique.

Le docteur François Bourtières donne la définition suivante : le vieillissement, c’est l’action du temps sur l’individu.

Comme ce n’est pas d’hier qu’on s’intéresse à la question, Aristote, dans 300 ans avant Jésus-Christ, affirmait, pour sa part, que vieillir n’est pas une maladie, parce que cela n’est pas contraire à la nature.

Un peu plus près, Galien ajoutait que le vieillissement commence avec la fécondation.

Preuvre qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil. De tout cela, concluons que le vieillissement est une question de temps. 

Alors, souhaitons-nous du beau temps!.

 

Volume 10 numéro 1 février 2003

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