Une artiste et sa communauté

Dans No 02 - Mars 2017. par

Quand je suis arrivée à Petite-Vallée il y a plus de deux ans, je connaissais déjà le village de réputation, grâce à son fameux Festival en chanson. Ce que j’allais découvrir, c’est combien la communauté est vivante et dynamique. Depuis que je suis ici, j’ai vu le Cercle de Fermières organiser et accueillir un congrès régional avec 168 déléguées, le Club de l’âge d’or rafler la plus grande partie des médailles au Jeux des Aînés à Gaspé, et le Chœur de l’Estran généreusement préparer et donner des concerts pour venir en aide aux fabriques de la Gaspésie en mal d’argent.

Tout ceci ne se fait pas par magie bien sûr. C’est grâce à l’engagement de ses citoyens que notre communauté est aussi dynamique. Aujourd’hui, je voudrais parler d’une de ces citoyennes qui a eu une année formidable dans sa carrière d’artiste et comment la communauté a cheminé avec elle dans son parcours de création…

En avril, Élise a été choisie avec quelques autres artistes pour créer des installations extérieures autour des arbres d’un parc de la ville de Québec. Sa création s’est appelée Vers les constellations.

Si vous désirez voir des photos des événements dont je vais vous parler, visitez le site Web d’Élise, www.elisedube.com. Plusieurs d’entre vous se reconnaîtront dans les clichés.

Ensuite, durant l’été, il y a eu le magnifique événement Barachois in situ, où Élise a créé l’œuvre : Gabions-nous perdu ? une installation qui reflétait la volonté de l’artiste d’intégrer les préoccupations environnementales dans son œuvre. Elle a d’ailleurs pu compter sur l’appui de la municipalité pour ce projet. Cette volonté n’était rien de nouveau pour notre communauté, car, depuis près de deux ans, Élise travaillait à un projet qui engageait la communauté à bien des égards.

Pour son projet, Élise avait besoin de barquettes de polystyrène, elle a donc visité des écoles où elle a fait des activités avec les jeunes, les conscientisant au fait que le polystyrène n’est pas recyclable ni biodégradable. Elle a fait un appel à tous, et bientôt nous étions beaucoup à mettre de côté nos barquettes pour son projet, autant les jeunes des écoles que les gens de la communauté.

En août, Élise a été invitée à la prestigieuse Triennale des arts textiles en Outaouais, un événement international, où les artistes créaient des installations extérieures le long d’un sentier pédestre. Avec l’artiste acadienne Marjolaine Bourgeois, Élise a créé Dernière escale. Dans la photo, on peut voir tous ces oiseaux de tissus posés dans la forêt ; on dirait qu’ils se reposent et semblent prêts à prendre leur envol d’un instant à l’autre. Ces oiseaux, Petite-Vallée les reconnaîtra facilement, car nous avons été plusieurs à répondre à l’appel à tous d’Élise pour plier et coudre les morceaux de tissus (des retailles de cravates) en forme d’oiseaux. Encore une fois, la communauté était là pour appuyer Élise.

Pour culminer, l’année, et après deux ans d’efforts, l’esquif du projet FPSO était exposé au Musée de la Gaspésie jusqu’au 4 janvier 2017. L’oeuvre fabriquée avec les barquettes de polystyrène que la communauté a recueillies pour elle, tissée sur un métier que le Cercle des Fermières a bien voulu lui attribuer pour les mois d’été et d’automne, assemblée par les membres de la communauté qui ont répondu à son invitation, l’œuvre d’Élise est vraiment l’expression de son désir d’intégrer la communauté et les préoccupations environnementales dans son parcours artistique.

Petite-Vallée peut vraiment être fière de son artiste locale multidisciplinaire, et nous pouvons être tout aussi fiers de l’appui que nous apportons aux gens de notre communauté. Bravo ! (photo : Frédéric Séguin)

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