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Généalogie du glaucome à Grande-Vallée Mémoire et Cie

Dans No 02 - Mars 2017. par

La pratique généalogique nous amène parfois à nous intéresser à la génétique, et plus particulièrement à la transmission de maladies héréditaires. À Grande-Vallée, le glaucome, une maladie oculaire pouvant mener à la cécité touche depuis longtemps une famille en particulier, les Minville. À travers les lignes qui suivent, faisons la généalogie des porteurs du glaucome et tentons de remonter à la source de la maladie.

La maladie
Plusieurs porteurs du patronyme Minville/Mainville ou encore leurs descendants souffrent aujourd’hui du glaucome juvénile. Dans le passé, leurs aïeux en étaient aussi atteints et, faute de soins, devenaient aveugles. Cette maladie est, selon le Portail des maladies rares et des médicaments orphelins, un glaucome autosomique dominant, caractérisé par un début précoce, une pression intra-oculaire élevée de progression rapide, entraînant une excavation du nerf optique et une détérioration de la vision s’il n’est pas traité. Les nombreuses occurrences de ce mal au sein de la communauté attirent l’attention de médecins et chercheurs.

Les Minville
Avant d’aborder la question de la transmission de la maladie, je dois vous parler de la famille Minville, présente à Grande-Vallée depuis la fin des années 1840. Alors que le village n’était qu’à ses premiers balbutiements, arrivèrent de Montmagny les frères François et Pierre Minville (à l’époque, Mainville). Ces derniers furent subséquemment rejoints par d’autres membres de leur fratrie, dont Gédéon et Héloïse qui n’y habitèrent que temporairement.

François et Pierre marièrent deux sœurs. Le premier épousa Justine Caron en 1849 tandis que le second unira sa destinée à celle d’Adèle Caron, l’année suivante. Dans chacune de leur famille, nous retrouverons des porteurs de la maladie.

Premiers porteurs
Afin d’identifier les premiers porteurs de la maladie et de remonter à sa source, je me suis d’abord basé sur les recensements de 1871, 1881, 1891, 1901 et 1911 qui renferment des renseignements importants quant aux limitations physiques et intellectuelles des habitants. J’ai relevé toutes les personnes identifiées comme étant aveugles.
Extrait du recensement de 1871, famille Pierre Minville et Adèle Caron. Il est indiqué qu’Adèle est aveugle. Source : Recensement canadien 1871.

Recensement 1871
Nom Prénom Âge
Caron Alexis 68
Caron Justine 36
Caron Adèle 38

Recensement 1881
Nom Prénom Âge
Caron Justine 46
Caron Adèle 49
Minville Octave (fils d’Adèle Caron et de Pierre Minville) 27

Recensement 1891
Nom Prénom Âge
Minville Octave (fils d’Adèle Caron et de Pierre Minville) 37
Caron Justine 57
Caron Adèle 58

Recensement 1901
Nom Prénom Âge
Minville Octave (fils d’Adèle Caron et de Pierre Minville) 46
Minville Euloge (fils de Justine Caron et de François Minville) 38

Le recensement de 1901 nous informe de l’âge auquel les personnes devinrent aveugles. Octave Minville le fut à 20 ans, tandis que son cousin Euloge fut atteint de cécité dès ses 22 ans. Octave Minville est décédé en 1902, ce pour quoi nous ne le retrouvons pas dans le recensement suivant.

Recensement 1911
Nom Prénom Âge
Minville Étienne (fils de Justine Caron et de François Minville) 51
Minville Euloge (fils de Justine Caron et de François Minville) 58

À l’instar du recensement précédent, celui de 1911 nous indique qu’Étienne Minville était aveugle depuis l’âge de 46 ans.

De nombreux autres, Minville devinrent aveugle avec l’âge et la progression de la maladie. Les descendants de Pierre Minville et d’Adèle Caron furent moins touchés par le glaucome que ceux de François Minville et de Justine Caron. En effet, du côté de la descendance du couple Pierre Minville/Adèle Caron, seuls Octave et Cléophas (ce dernier ayant vécu à l’Institut Nazareth pour aveugles de Montréal) furent atteints. Quelques autres descendants furent aussi touchés, sans pour autant devenir aveugles. Par contre, du côté de la famille François Minville/Justine Caron, au moins 3 enfants, plusieurs petits-enfants et arrières-petits-enfants furent atteints du glaucome.

Dénominateur commun
Vous l’aurez compris suite à la lecture des données de recensement… A priori, ce n’est pas du côté des Minville que nous devons nous pencher pour retracer le foyer de propagation du glaucome à Grande-Vallée. C’est plutôt du côté des Caron qu’il faut investiguer.

Comme nous le rapporte le recensement de 1871, Alexis Caron (fondateur du village) était aveugle. Ses filles Justine et Adèle, mariées aux frères Minville l’étaient aussi. Toutefois, ses deux autres enfants, Jean-Baptistes et Clarisse, furent plus chanceux que leurs sœurs. Les frères François et Pierre, de leur côté, ne furent vraisemblablement jamais diminués par l’handicap visuel ; ni les recensements ni la tradition orale n’en font état.

Sachant qu’Alexis Caron est né de père inconnu, je ne peux qu’orienter mes recherches du côté de sa mère, Marie-Marguerite Caron, afin de trouver la source de la maladie. Malheureusement, les documents de première main à ma disposition de même que les quelques croisements familiaux possibles ne permettent de faire aucune conclusion valable. Laissons aux scientifiques la tâche de compléter la généalogie du glaucome à Grande-Vallée.

Sources :
Institut Nazareth et Louis Braille
Recensements canadiens, 1871, 1881, 1891, 1901, 1911
Registres d’état civil du Québec
Tradition orale

 

Texte paru : https://memoirecie.wordpress.com/2017/02/05/genealogie-du-glaucome/

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