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Marie Pelchat : sage-femme

Dans No 07 - Septembre 2016. par

À la demande de certains membres de la famille, voici l’hommage que j’avais préparé lors du dévoilement de la plaque commémorative.

Du début de notre histoire, jusqu’à la moitié du XXe siècle, la plupart des Gaspésiens naissaient là où ils vivaient, dans la maison familiale. Dans les villages comme le nôtre, les seules personnes habilitées à les mettre au monde étaient les sages-femmes.

Traditionnellement, les femmes accouchaient chez elles, entourées de leur mère, de tantes et d’amies. Cependant la figure centrale qui assistait la femme en travail était la sage-femme.
Ici à Manche d’Épée, il y eut quelques sages-femmes. Madame Marie Pelchat épouse de monsieur Pierre Lemieux et la fille de notre fondateur René Pelchat, est la première sage-femme connue. Il y a eu aussi, madame Lumina Robinson, de monsieur Édouard Fournier, que plusieurs personnes connaissaient mieux sous le nom de « Madame Mina », c’était la mère de messieurs Émilien, Joachim, Israël et de madame Marie-Ange. Cette dernière a mis au monde de nombreux enfants au début du siècle.

Mais aujourd’hui, nous voulons souligner le travail considérable de madame Marie Bernatchez, épouse de monsieur Euloge Pelchat, qui a pratiqué le rôle de sage-femme pendant une quarantaine d’années ici à Manche d’Épée, mais aussi dans les villages voisins de Gros-Morne, Madeleine et même jusqu’à la colonie du Lac au Diable. Les déplacements vers ces villages se faisaient souvent à pied, parfois quand la saison et la route le permettaient à cheval, mais aussi en traîneau tiré par un chien.

Marie Bernatchez habitait ici au bord de l’eau dans sa petite maison, qui était souvent le refuge des passants. Elle ne laissait jamais personne reprendre la route l’estomac vide et sans avoir pris un peu de repos.

Elle n’hésitait jamais à se rendre au chevet d’une femme qui allait accoucher ou d’un malade dépourvu, qui n’avait pas le sou pour la visite d’un médecin et ça, malgré les reproches sans méchanceté de grand-père Euloge qui lui disait : « Où tu vas traîner encore ? »

Été comme hiver, elle était toujours prête à secourir les plus démunis. Parfois, on faisait appel à memère Marie lorsqu’un animal de la ferme était malade.

Elle ne supportait pas la misère humaine. Elle pouvait demander la charité pour redonner à plus pauvre qu’elle.

Elle a aidé de nombreuses femmes à mettre au monde leurs enfants. Ici, dans le village, la majorité des personnes de 55 ans et plus sont nées grâce aux bons soins de Marie.

Pour sa famille, ses enfants, ses petits-enfants et arrière-petits-enfants, elle demeure un modèle et sa sagesse nous guide jour après jour. Mon plus grand chagrin est de ne pas avoir eu la chance de rencontrer memère Marie. Elle est décédée un an avant ma naissance, mais j’ai toujours entendu parler d’elle jour après jour avec tellement d’amour et d’affection, que j’ai l’impression de bien la connaître. Si vous connaissez maman, il n’existe pas un jour sans qu’elle nous dise : « Comme mémère disait… » ou encore « mémère m’a déjà raconté… » Malgré les 45 ans qui nous séparent de sa mort, elle demeure présente en chacun de nous. C’est la raison pour laquelle, j’ai fait les premières démarches auprès du comité de développement pour que cet événement ait lieu. Que l’on reconnaisse le travail des sages-femmes du village, et particulièrement celui de memère Marie. Je tiens à remercier le comité de développement et en particulier reconnaître le soutien de mesdames Arlette Fortin et Claire Boucher.

Marie et Euloge ont eu une nombreuse famille, malheureusement, aujourd’hui il ne reste qu’une seule survivante, c’est tante Adéline qui est âgée de 93 ans, elle ne peut être présente à cause de sa santé. J’aimerais que nous ayons une pensée pour elle, car c’est du plus profond de son cœur qu’elle aurait souhaité être là. Je sais qu’aujourd’hui nous sommes avec elle dans ses pensées. Heureusement, elle est représentée par sa fille Ginette.

Marie était une femme simple qui aimait le monde et j’espère que, de là-haut, elle pourra voir que nous aussi nous l’aimons malgré son absence, malgré le temps. Elle demeure et demeurera un modèle.

En mémoire de toutes ces femmes qui se sont données corps et âme au bien-être de leurs concitoyennes en pratiquant le métier de sage-femme, n’oublions jamais leur œuvre et leur mérite.

Memère Marie, tu étais une Femme de cœur, tu puisais ta force et ton courage dans le premier cri de la vie et dans le regard pur du nouveau-né.

Merci d’avoir été sur nos routes et d’être toujours un phare dans les jours de doute !.

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