Stratégie maritime : peu de résultats en Gaspésie

Dans No 05 - Juillet 2016. par

téléchargementJe dénonce l’absence d’investissements gouvernementaux en ce qui a trait à la mise en œuvre de la Stratégie maritime en Gaspésie. C’est inconcevable de constater qu’une région maritime comme la Gaspésie ne peut bénéficier concrètement de projet majeur de relance de son économie à partir de cette Stratégie plutôt minime que maritime pour les régions.

L’inconfort du gouvernement en ce qui a trait à l’absence de réalisations pour la région en regard de cette « Stratégie minime » va même jusqu’à pousser le premier ministre à inventer des résultats afin de tenter d’améliorer son piètre bilan dans notre région.

En effet, en mission diplomatique en Europe, le premier ministre, en référence à la Stratégie maritime, a poussé l’audace de nommer parmi les réalisations de celle-ci « le contrat de construction de six bateaux de recherche accordé par le gouvernement fédéral au Chantier naval Forillon » comme une réalisation de la Stratégie maritime tel que rapporté par TVA Nouvelles. La réalité est pourtant tout autre.

Ce contrat a été obtenu à l’été 2015 strictement grâce au dynamisme et à l’expertise reconnus à la direction et l’équipe du Chantier naval Forillion de Gaspé. Aucune intervention financière directe n’a été accordée dans le cadre la Stratégie maritime à l’entreprise dans l’obtention de ce contrat. Je mets au défi le premier ministre ou le ministre D’Amours de démontrer le contraire.

Au lieu d’inventer des dossiers artificiellement, le premier ministre, le ministre responsable de la stratégie maritime et le ministre responsable de la région Sébastien Proulx devraient s’attaquer aux véritables dossiers de la région qui sont pourtant en lien direct avec cette stratégie maritime qui n’a fait aucune différence majeure sur l’économie de la région jusqu’à ce jour.

Étant donné que le gouvernement est visiblement en panne d’idées pour la Gaspésie, je suggère à ces trois membres du Conseil des ministres de démontrer une volonté à s’attaquer activement aux enjeux économiques de la région et d’investir financièrement notamment dans les dossiers suivants cadrant parfaitement dans la Stratégie maritime :

  • Le train touristique l’Amiral qui était déjà en opération est cloué à la gare de Gaspé depuis 2 saisons faute d’entretien à un pont ferroviaire, propriété du gouvernement du Québec.
  • Le projet du Centre d’interprétation de la Bataille du Saint-Laurent déposé par les intervenants de la municipalité de Grande-Vallée et refusé par le gouvernement du Québec.
  • La Promenade de Percé en attente de reconstruction depuis 2 ans nécessite une confirmation financière de 1,5 M$ pour enclencher les études et plans préliminaires des futurs ouvrages permanents. La capitale touristique de la Gaspésie, reconnue arrondissement naturel par le gouvernement du Québec, est négligée indûment par celui-ci.
  • Exploramer est toujours sur respirateur artificiel de semaine en semaine et, pour une deuxième saison, se voit privé du financement gouvernemental. Une première dans l’histoire de cette institution muséale unique en Amérique du Nord.
  • L’EPAQ, l’unique école des pêches et d’aquaculture du Québec n’arrive pas à bénéficier de la Stratégie maritime. On peut se demander quelle institution y arrivera.
    Comble de l’inadmissible, le Port de Gaspé doit présentement se contenter de 125 000 $ pour une autre étude devant confirmer le potentiel déjà connu du 2e plus grand port naturel au monde au lieu de bénéficier d’un budget d’investissement pour l’amélioration de ses infrastructures et de ses opérations.
  • La remise en état du réseau ferroviaire, propriété de Transport Québec, dans la péninsule aurait été un signal clair, notamment de démontrer la volonté de développer le port de mer de Sandy Beach. Malheureusement, le ministre des Transports Jacques Daouts, le ministre responsable de la région Sébastien Proulx, le ministre délégué aux affaires maritimes Jean D’Amour et la ministre du Tourisme Julie Boulet semblent ne pas démontrer ni la volonté ni la capacité de recueillir les budgets nécessaires pour régler le dossier du seul pont ferroviaire de
  • Haldimand qui bloque la reprise du service ferroviaire entre Gaspé et Percé. C’est incroyable !
  • Le dossier de liaison maritime entre Rivière-aux-Renard et la Basse-Côte-Nord est appuyé par tous les élus municipaux, mais fait du surplace au gouvernement.

Force est de constater que les rares investissements majeurs issus de la Stratégie maritime sont localisés dans les régions urbaines et les régions comme la Gaspésie, faisant partie intégrante du

Québec maritime, sont mises au rencart. Une fois de plus, c’est une démonstration claire que ce gouvernement est un gouvernement obsédé par la centralisation des investissements et du pouvoir.

On peut se demander qui au conseil des ministres connait et défend la Gaspésie et les régions ? J’interpelle directement Sébastien Proulx pour qu’il assume pleinement son rôle de ministre responsable de la région en défendant et réalisant les dossiers porteurs de la Gaspésie qui a été grandement négligée depuis l’arrivée de son gouvernement.

1 commentaire

  1. Du côté Nord de la Gaspésie, on oublie un bon baquet de villages comme si seulement certains points avaient le droit d’exister. C’est comme cela depuis des décennies. Je suis heureux, malgré tout ce qu’on peut en penser, que Nathalie Normandeau ait pensé à Cloridorme pour le réseau d’aqueduc et d’égouts. Nous n’avons pas été gâtés par les gouvernements qui se sont succédé par chez nous. J’aime quand même votre analyse M. Lelièvre et j’ose espérer que M. Sébastien Proulx répondra plus vite que n’a pu le faire Jean D’Amour car de lui je n’avais reçu qu’un accusé de réception (par sa secrétaire) à une demande que nous lui avions adressée pour soutien communautaire de la communauté chrétienne de Cloridorme . Nous avons les pieds et les veines dans ‘eau salée du St-Laurent mais le plan de développement de la stratégie maritime ne semble pas être fait trop trop pour nous. Pourtant nous baignons et dans l’histoire et en plein cœur du St-Laurent. Nous nous souviendrons.

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