L’heure juste sur le projet de loi 64 (Loi sur l’immatriculation des armes d’épaule)

Dans Février 2016. par

Dans la foulée des plaintes et manifestations des groupes pro-armes contre le projet de loi 64, qui instaurera l’immatriculation des armes d’épaule au Québec, les partisans d’un meilleur contrôle des armes tiennent à souligner la vaste quantité de désinformation qui circule à l’égard de la création d’un registre des armes d’épaule au Québec.

« Il importe pour le public et surtout pour nos élus de bien connaître les faits tels que rapportés par les autorités compétentes, en plus de noter la complexité de la question du contrôle des armes, » soutient Heidi Rathjen, diplômée de l’École Polytechnique et témoin de la tuerie de 1989.

À cette fin, le groupe a produit un document qui répond aux principaux arguments soulevés au cours des dernières semaines par les opposants au projet de loi 64, qui comprend les sources sur lesquelles le groupe se base1 (voir les répliques aux arguments avancés par les opposants au projet de loi 64).

Mythes et désinformation
Par exemples, les groupes pro-armes prétendent que le registre fédéral n’aurait sauvé aucune vie, que ce dernier aurait coûté au moins un milliard de dollars, que le système fédéral de permis de possession serait suffisant pour protéger le public contre le mauvais usage des armes d’épaule, que les marchands doivent de toute façon tenir des registres de vente et que l’immatriculation des armes équivaudrait à traiter les propriétaires d’armes en criminels.

« En fait, la mise en oeuvre du registre fédéral est associée à une baisse substantielle des crimes et des suicides commis avec une arme d’épaule, ce registre a coûté une fraction du fameux «milliard» constamment cité, les permis de possession ne procurent aucun contrôle sur les armes d’épaule qui peuvent changer de mains sans laisser de trace, le gouvernement Harper a éliminé l’obligation pour les marchands d’armes de tenir des registres de vente ; les propriétaires d’armes ne sont pas traités comme des criminels parce que leurs armes seraientenregistrées — pas plus qu’ils ne le sont parce que leurs chiens, camions et permis de chasse sont enregistrés, en plus du fait que les pénalités seront monétaires, pas d’ordre criminel, » rétorque madame Rathjen.
Toutes les armes à feu sont potentiellement dangereuses

« Toutes les armes à feu sont potentiellement dangereuses, y compris les armes de chasse, » précise Nathalie Provost, diplômée de l’École Polytechnique qui a survécu à trois blessures par balles. « Pour moi, c’est évident : j’ai les cicatrices et le souvenir du massacre de mes consoeurs pour le prouver. Or même si les groupes pro-armes concèdent l’utilité de contrôler les armes de poing, ils s’opposent au même traitement pour les armes d’épaule.

« Historiquement, la majorité des homicides par balles ont été commis à l’aide d’armes d’épaule. C’est le registre qui a fait baisser ce nombre au point où il y a maintenant moins de meurtres par armes d’épaule que par armes de poing. Ce sont aussi les armes d’épaule qui tuent le plus de policiers. Il est donc clair qu’il est tout aussi important d’exercer un contrôle sur les fusils et les carabines de chasse, notamment en s’assurant qu’elles sont bien comptabilisées et liées à leurs propriétaires légaux via un système d’immatriculation. »

Qui sont les experts ?
Bien qu’il soit pertinent de prendre en considération les doléances de propriétaires d’armes dans l’élaboration des modalités de la loi, il paraît nécessaire de rappeler que les amateurs d’armes ne sont pas des experts en prévention ni en sécurité publique. « La loi devrait être basée sur l’avis des organisations policières, des intervenants contre la violence conjugale et des experts de prévention du suicide, qui témoignent tous de l’efficacité de l’enregistrement » conclut madame Rathjen.

« Certes, les victimes et témoins de la violence par armes à feu ne sont pas des experts non plus, mais notre position se base entièrement sur l’avis des experts et sur le consensus scientifique mondial qui veut que moins il y a de contrôles, plus il y a d’armes et plus il y a de décès. Et personne ne connaît mieux que les victimes les dommages et la souffrance que peuvent causer les armes à feu lorsqu’elles tombent entre de mauvaises mains. »

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