«L’écho-aidant» – Anne Minville, intervenante CAB et point de service Alzheimer /Estran /SAGÎM 418-393-2689

Dans No 02 - Mars 2015. par

DSC_1615« Les proches aidants et les émotions »

Chers proches aidants, lors de chroniques précédentes, je vous ai parlé de communication, d’affection, de fatigue, d’inquiétude, de responsabilité… J’ai approché le thème des émotions via la maladie d’Alzheimer, mais je ne vous ai pas tout dit…

Quotidiennement, comme proche aidant, nous devons répondre aux besoins de quelqu’un qui compte sur nous et qui compte pour nous. Nous composons avec les capacités et les limitations de la personne aidée, son consentement et ses refus, ses goûts, son horaire, ses besoins dits et non dits, et… ses émotions ! Avec notre grande volonté de soutenir et protéger, notre respect de la personne accompagnée, notre débrouillardise, nous gérons souvent des situations critiques qui mettent sans cesse notre propre bagage émotif à l’épreuve. Entre responsabilité et fatigue, routine et imprévus, nos émotions personnelles s’entassent trop souvent dans notre « entrepôt » d’aidant, en attente d’une entrevue avec nous-mêmes…

Tous les « psy » du monde vous diront que vos émotions sont de précieuses alliées de votre équilibre mental et sont les jumelles de vos sensations physiques. Émotions et sensations vous informent et vous permettent de bien communiquer avec votre environnement. Par exemple, votre main touche quelque chose de brûlant (sensation) : automatiquement, vous retirez votre main et, probablement, vous signalez votre douleur par un cri, information d’urgence pour l’entourage qui accourt pour vous aider. Vous vous protégez instinctivement ! Maintenant, retire-t-on instinctivement notre cœur d’une situation douloureuse ou problématique ? Non ! Pourtant, il y a aussi risque de brûlure, de blessure.

Les émotions ressenties ont le même rôle que les sensations : elles fournissent de l’information précise sur nos besoins, sur ce qui se passe en nous. Et ce n’est pas parce que nous n’aimons pas le message qu’une émotion nous transmet qu’il faut la nier ou l’éliminer ! Au contraire, nos émotions sont des instruments précieux pour s’orienter, pour raisonner, pour mieux communiquer avec les autres, pour poser des balises à nos valeurs et nos capacités, à nos relations avec les autres. Plus nous sommes capables d’identifier, d’exprimer et d’extérioriser nos émotions, plus nous touchons à l’importance des choses. Ce que nous vivons importe vraiment aux autres et ce que nous vivons les concerne aussi.

Faire l’effort de toucher à ses émotions, c’est ouvrir la porte à un langage qui explique les ressentis, les inquiétudes, les douleurs, les joies et les peines, et qui toujours-toujours-toujours, sur le moment ou quelque temps plus tard nous apaise et nous transforme positivement.

Alors, on fait le tour de notre entrepôt émotif ? On prend rendez-vous avec soi ? N’oubliez pas que, pour durer dans l’aidance, il faut prendre soin de soi. Donc, bonne lecture émotive de vous-même !

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