Hommage à Monsieur Émilien DUFRESNE

Dans No 01 - Février 2015. par

J’ai eu l’occasion de vous rencontrer pour la toute première fois en 1999. Vous aviez alors acquis un drapeau du Canada au cours d’un encan organisé au profit du Corps de Cadets 3007 de Cloridorme. Le Capitaine Marc-Yvan Beaudoin m’avait par la suite informé que vous étiez un ancien combattant, sans pour autant m’en dire davantage.

Quelque temps plus tard, j’ai eu le plaisir de vous revoir à votre résidence afin de signer divers documents. Suite à ces formalités, nous avons discuté de choses et d’autres en compagnie de votre charmante épouse. De fil en aiguille, vous m’avez invité dans votre salon où le drapeau de votre régiment était fièrement accroché à votre mur.

C’est à ce moment que j’ai finalement compris qui vous étiez et le précieux moment que je venais de vivre.

En 2003, vous avez publié votre livre intitulé : CALEPIN D’ESPOIR, écrit en collaboration avec votre fille Danielle.

Je me suis empressé de le lire et de le relire. Et, comme le hasard fait parfois bien les choses, vous nous avez autorisés à utiliser une partie de votre épopée afin que nous puissions planifier, rédiger et présenter une conférence. Le tout, supporté par mon Commandant, la Major Brousseau et parrainé par le mouvement des Cadets du Canada.

La réussite de la présentation de cette conférence nous a permis de visiter les plages où vous aviez combattu 60 ans plus tôt au cours du fameux JOUR J et de nous imprégner, un tout petit peu, des multiples horreurs auxquelles vous et vos frères d’armes deviez vaillamment affronter au cours de cette périlleuse journée.

D’ailleurs nous nous sommes rencontrés le 5 juin 2004 à Courseulles-sur-Mer, village voisin de Bernières-sur-mer là où vous avez foulé le sol normand en 1944. Vous étiez invité par la télévision française, lors de cette occasion.

Ce fut un moment chargé d’émotions, que je chéris précieusement et pour lequel je vous suis extrêmement reconnaissant.
Pendant ces quelques jours passés en Normandie, j’ai été à même de me rendre compte à quel point le peuple français était reconnaissant envers notre pays, nos militaires, mais plus particulièrement envers vous et vos camarades.

Monsieur Dufresne, vous avez participé à un événement qui a changé le cours de l’histoire. Nous nous devons, en tant que nation qui se prétend distincte, de nous en souvenir.

Il est étrange que la devise de notre province soit : JE ME SOUVIENS, alors que fort peu de nos concitoyens se soucient ou ignorent totalement l’origine de leur sécurité, de leur santé et de leur confort qu’ils doivent, dus en grande partie, à des gens aussi courageux que vous. En 1942, les sous-marins allemands patrouillaient dans le golfe St-Laurent et de nombreuses épaves peuvent encore en témoigner. D’ailleurs un marin néerlandais est enterré au cimetière de Grande-Vallée.

Qui plus est, n’oublions pas que la paix est constamment tendue sur un fil bien fragile et précaire. Les récents événements survenus à St-Jean et à Ottawa de même qu’en France nous le rappellent que trop bien. Il ne faut jamais prendre pour acquis la paix que vous et vos frères d’armes nous avez obtenue.

Monsieur Dufresne, vous recevrez sous peu la plus prestigieuse récompense que le gouvernement de la République française peut accorder à un individu. Vous méritez grandement cet insigne honneur remis pour et au nom du Président de la France et vous pourrez porter cette marque de reconnaissance aussi fièrement, sinon plus, que toutes vos nombreuses autres médailles et décorations.

Un jour, je pourrai raconter à mes petits-enfants que j’ai serré la main d’un chevalier de la Légion d’honneur de la France, Émilien DUFRESNE, et leur dire pourquoi vous vous êtes distingué parmi les plus grands du peuple québécois.

Monsieur Dufresne, je vous félicite pour l’obtention de cette récompense et je vous prie de bien vouloir agréer l’assurance de la pérennité de mes plus sincères respects.

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