À quand le lancement des travaux d’un véritable et vaste chantier de la revitalisation de notre territoire? – André Lemieux, simple citoyen de l’Estran

Dans Mars 2014. par

L’édition 2013 du Bilan démographique du Québec publié par l’Institut de la statistique du Québec fait état de notre région de la façon suivante :

  • La région a connu la plus forte réduction de population au Québec entre 1996 et 2012. La Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine se caractérise par la plus importante part de personnes âgées de 65 ans et plus (21,2 %) et la plus faible proportion de jeunes de moins de 20 ans (18,1 %) de toutes les régions. L’âge médian y est de 49,5 ans, soit le plus élevé du Québec. Cette structure par âge explique qu’il s’agisse d’une des rares régions où les décès sont plus nombreux que les naissances.
  • Malgré les efforts de notre région, notre population ne cesse de décroître. De 1991 à 2011, la Gaspésie/Iles-de-la-Madeleine a perdu au net près de 20 000 personnes. C’est comme si on avait perdu la population entière de la Ville de Gaspé en 20 ans. Au cours des 5 dernières années (2006-2011), on se réjouit que notre population n’a diminué que de quelques milliers de personnes. En soi, c’est une excellente nouvelle! Cependant, il faut bien comprendre que l’on a de moins en moins de jeunes à envoyer!!! Lorsqu’on affiche, en 2012, un bilan de 719 naissances et de 1 032 mortalités, il y a de quoi à réfléchir. Dans le secteur de l’Estran (St-Yvon à Manche-d’Épée) où je suis né et où j’y suis revenu optimiste et plein d’espoir, on a un solde négatif de tout près de 1 000 personnes au cours des 20 dernières années sur une population d’un peu plus de 3 000 individus en 1991! Pendant cette période, on a perdu dans le secteur de l’Estran presque l’équivalent de la population de Grande-Vallée!
  • À quand le grand réveil? À quand cette prise de conscience collective? Doit-on poursuivre en ce sens? Nous sommes dans une phase critique de dévitalisation. Doit-on continuer à regarder et à subir ce déclin qui nous mène graduellement vers un paysage sans âme ou bien on ose s’y attaquer? Natif de la région et désireux de continuer à y vivre, je réponds naturellement au deuxième scénario. J’ose espérer que cela est le cas de la majorité. Pour s’attaquer à la revitalisation, il faut tout d’abord y croire. Pour prendre le chemin de la prospérité, il faut renforcer nos capacités locales de développement ou sinon les créer. Cette augmentation de nos capacités passe par quoi : par un leadership fort, par une nécessaire mobilisation de la population et des forces du milieu, par une vision collective et claire de notre futur, par une volonté commune d’intervenir, etc.
  • Il faut mettre en œuvre de nouvelles trajectoires de développement. Il faut être à l’affût continuel d’opportunités de développement, il faut anticiper les changements de l’environnement économique et les mettre en valeur et non de les subir comme une fatalité.
  • Par exemple, sur le littoral nord de la péninsule et dans le secteur de l’Estran entre autres, qui observe, veille et prospecte de nouvelles opportunités pour notre secteur afin d’en saisir quelques-unes? Qui génère, repère et identifie des opportunités de développement pour notre secteur? Qui pilote la démarche collective d’identification d’opportunités? Qui anticipe?

Nous devons sortir des sentiers battus. Nos enfants ne pourront nous pardonner une telle attitude.

Arrêtons d’attendre. Attendre l’annonce. Osons. Anticipons le développement. Dégageons nos forces et nos potentiels de développement, dégageons notre vision de l’avenir et concentrons nos efforts en ce sens. Pourquoi pas concentrer nos énergies sur le lancement d’un vaste chantier de revitalisation de notre milieu de vie. Changeons nos façons de faire. Remettons une dynamique positive pour mobiliser notre milieu, notre population, nos capitaux et nos idées.


Il s’agit d’un véritable chantier collectif. Quand le commencerons-nous? Lorsque nos écoles seront en danger? Si oui, on est déjà en retard!
Nous nous mobilisons toujours contre, peut-on nous mobiliser pour? Pour la mise en route de ce chantier. À quand l’animation et la mobilisation du territoire? À quand le grand coup de barre? Plus on attend, plus les défis s’accentuent et se multiplient.

J’y habite, j’y crois. Je souhaiterais y participer intensivement. Détenteur d’un doctorat spécialisé en développement économique local et régional avec plus de 15 ans d’expériences et habitant dans la région la plus mal en point au Québec, nul n’est prophète en son pays!

Il faut questionner notre modèle d’intervention local, supra-local et régional.

En espérant, entre autres, une nouvelle philosophie d’intervention dans le déploiement de la prochaine politique nationale de la ruralité particulièrement dans notre propre MRC!!

( source : Facebook : André Lemieux)

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