Aller au bout de soi-même

Dans No 09 - Novembre 2013. par

Je tiens à remercier les responsables de l’organisation de cet événement et de l’occasion qu’ils me donnent de pouvoir m’exprimer. Antoine de St-Exupéry écrivait : « Le soldat n’est pas un homme de violence, il porte les armes et fait la guerre pour des fautes qu’il n’a pas commises. Son seul mérite est d’aller au bout de son engagement. »

Aujourd’hui, nous nous souvenons. Nous nous souvenons de ces hommes et de ces femmes qui ont fait le sacrifice ultime, celui de leur vie. Ils ont cru en un noble objectif, celui de la liberté et de la dignité humaine. Nous avons le privilège d’avoir parmi nous de ces personnes de valeur. Elles sont vivantes, mais n’en ont pas moins fait le sacrifice de leur vie. Saluons-les avec reconnaissance.

Aujourd’hui, vous soulignez la participation de l’un de nos deux fils, André Michel, à une mission en Afghanistan. Il s’est porté volontaire pour vivre un défi de taille. Aller dans un pays avec une culture différente à l’autre bout du monde. Collaborer à sa manière à la reconstruction des infrastructures de ce pays. Il en est revenu avec une expérience que lui seul peut quantifier et qui l’accompagnera tout au long de sa vie. Je le trouvais extrêmement décidé et déterminé, car il partait pour huit mois loin de sa conjointe enceinte. Il me confiait avant de partir qu’il laissait une part de lui-même dans ce petit bébé qui se préparait dans l’éventualité où il ne serait pas revenu. Ce sur quoi, je lui ai répondu, que c’était précisément une très bonne raison pour être davantage prudent et vigilant et de nous revenir. Je ne vous cacherai pas que ce fut pour Johanne et moi comme parents, huit longs mois de préoccupations et de prières. Cependant nous n’avions pas le droit de l’empêcher de vivre son défi, l’amour est aussi à ce prix.

François Pierre gardait un contact très régulier avec André tout au long de cette mission. Deux frères et de surcroît jumeaux nourrissent entre eux des liens très particuliers et très étroits qu’il est difficile d’ignorer.

La vie est étonnante quelquefois. Nos deux fils sont membres de l’armée de réserve au sein des Forces canadiennes. Mon père dans sa jeunesse en a fait partie aussi durant la Seconde Guerre mondiale tout comme le grand-père maternel de mon épouse dont André porte d’ailleurs le prénom. Monsieur Jacques Bouchard lançait à la blague en discutant avec les invités d’honneur, avant la cérémonie, en parlant de nos deux fils, qu’ils avaient le même âge étant des jumeaux. Je lui ai répondu à la blague aussi que ce n’est pas forcément le cas. Pour être rigoureux, des jumeaux n’ont pas le même âge chronologique. L’un arrive nécessairement avant l’autre. Je répondais aux invités présents que François Pierre est né à minuit trente-neuf (0 h 39) et André Michel à minuit quarante-cinq (0 h 45), par conséquent à six minutes d’intervalle. François Pierre est donc âgé de six minutes de plus qu’André Michel. Cependant un parallèle nous a sauté aux yeux : cela correspondait aussi aux années de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945). Signe ou hasard ? Le sang du service et du service militaire semble couler dans les veines de nos deux fils.

Je termine avec la citation d’Antoine de St-Exupéry du début : « Le soldat n’est pas un homme de violence, il porte les armes et fait la guerre pour des fautes qu’il n’a pas commises. Son seul mérite est d’aller au bout de son engagement. »

Merci !

10 novembre 2013

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