Chronique Alzheimer

Dans No 02 - Mars 2012. par
Existe-t-il des facteurs de risque 
pour la maladie d’Alzheimer ?
Céline Arcouet, médecin au CSSS Côte-de-Gaspé,
Point de service de Grande-Vallée
 
Lorsqu’on parle de démence, dont la maladie d’Alzheimer, l’âge constitue le facteur de risque principal : au Canada, la démence touche plus d’une personne sur 20 après 65 ans et plus d’une sur 4 après 85 ans. Il est cependant important de préciser qu’un individu qui possède des facteurs de risque liés à une pathologie en particulier ne développera pas nécessairement la maladie.
 
Il est convenu que dans une démence de type vasculaire, on recherche les facteurs de risque spécifiques aux maladies cardiovasculaires comme l’hypertension, le diabète, le tabagisme et l’hypercholestérolémie. Et bien que toutes les études ne soient pas unanimes sur leur rôle causal dans la maladie d’Alzheimer, un bon contrôle de ces facteurs de risque est recherché. On convient également que les individus dont un parent du premier degré (père, mère, frère, sœur) a souffert de la maladie d’Alzheimer ont un risque augmenté de 10 à 30 % de développer la maladie. Les éléments génétiques plus spécifiques seront explorés dans le cadre d’un article ultérieur.
 
Toutefois, certains éléments agissent en notre faveur. L’incidence de la maladie d’Alzheimer est diminuée chez les gens dont le niveau de scolarité est plus élevé et chez les personnes qui ont un bon réseau social. Enfin, la pratique de saines habitudes de vie comme l’activité intellectuelle régulière (lecture, jeux qui demandent de l’attention, de la concentration ou de la mémoire) et l’activité physique régulière ont un effet protecteur confirmé.
 
Alors, bonne marche à tous !
 
Pour une meilleure communication avec
la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer
Laurence Bernatchez, intervenante 
pour le point de service Alzheimer de l’Estran
 
Se comprendre à demi-mot, par un regard, par un geste…  Quel bonheur! Mais, il arrive parfois que l’on ressente de la frustration, de la déception ou un malaise suite à une conversation parce que nous avons eu de la difficulté à livrer un message, une idée ou une émotion : nous n’avons pas la certitude d’avoir été bien compris… Ajoutons maintenant à notre conversation une difficulté d’ordre cognitif comme la maladie d’Alzheimer. Que devient alors la communication?
 
Si la communication s’établit d’abord par la parole (le verbal), les mimiques, le regard, le ton de la voix, la posture et les gestes (le non-verbal) sont  également très importants.  Le succès d’une bonne communication avec une personne qui présente des difficultés d’ordre cognitif réside dans notre capacité à centrer notre attention sur le langage non-verbal.
 
Lorsque la maladie d’Alzheimer affecte le langage, on observe de la difficulté à trouver le mot juste, un vocabulaire réduit, l’utilisation de mots substituts (utiliser un autre mot pour dire ce que l’on veut dire) ou une déformation des mots. Comme le temps de réflexion nécessaire à l’organisation de la pensée augmente, la spontanéité diminue.  À cette difficulté d’émettre un message s’ajoute la difficulté d’en capter le contenu : il devient difficile de suivre une conversation courante ou des paroles rapides, de comprendre des anecdotes et de suivre des directives pourtant simples. Imaginez alors les émotions vécues par la personne affectée!
 
Il nous faut maintenant apprendre à décoder le langage non-verbal de la personne atteinte pour en découvrir la signification puisque ses besoins seront désormais exprimés de cette façon. Par exemple, « marcher sans arrêt » peut indiquer le besoin d’aller à la toilette pour certaines personnes ou le désir de bouger et de dépenser de l’énergie pour d’autres.
 
Votre propre comportement, votre langage non-verbal, vos attitudes et vos états d’esprit peuvent également être beaucoup plus impressionnants pour la personne atteinte que les  paroles dites. Par exemple, si vous êtes fâché et essayez de le cacher par un comportement et des mots contraires à vos sentiments, la personne atteinte peut le percevoir. Par contre, à votre air joyeux, elle répondra certainement par un sourire : un sourire, ça peut être contagieux!
 
Donc, pour faciliter la communication avec une personne atteinte, il faut tenir compte de toutes ces composantes, ce qui représente tout un défi! De là l’importance d’adopter des attitudes favorables (douceur, écoute, gestes rassurants) et des façons d’être susceptibles d’améliorer  la compréhension réciproque (mettre de côté colère, anxiété et tracas pendant la période de soins et d’accompagnement).
 
Prenez le temps d’essayer ces petits trucs et passez de bons moments avec les personnes qui vous sont chères! Je profite de l’occasion pour vous souhaiter de très Joyeuses Pâques!
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