En route vers l’obtention du statut de paysage humanisé projeté

Dans No 01 - Février 2012. par
 
Au fil de mes chroniques des derniers mois, vous avez reçu de l’information sur ce qu’est un paysage humanisé. Rappelons qu’un paysage humanisé est un type d’aire protégée où la présence humaine est requise puisque c’est elle qui a contribué à façonner le territoire, lui conférant ainsi sa forme actuelle. Un paysage humanisé vise à conserver et mettre en valeur la biodiversité, les paysages et le patrimoine culturel qui forgent notre identité et font notre fierté.
 
Mais, concrètement, qu’est-ce qu’un statut de paysage humanisé peut apporter à la communauté? Je vais apporter quelques pistes de solution à cette question.
 
D’abord, prenons l’exemple des panoramas paysagers exceptionnels de notre coin de pays. Au-delà du fait qu’ils fournissent un milieu de vie attrayant pour les citoyens, les paysages constituent la base de l’industrie touristique gaspésienne. Par conséquent, le maintien de l’intégrité des paysages est un enjeu majeur, tant pour la communauté que pour les intervenants touristiques de notre secteur. Dans le cadre du projet de paysage humanisé projeté de l’Estran, une des orientations vise à élaborer une charte du paysage, soit un outil permettant de préserver et de mettre en valeur notre patrimoine paysager.
 
Considérons également l’importance de milieux naturels en bon état. A priori, les écosystèmes1 en santé ne sont pas nécessairement synonymes de retombées économiques directes et à court terme. Toutefois, les milieux naturels et les organismes vivants qu’ils contiennent nous fournissent une multitude de services appelés services écologiques. Ces services rendus par la nature sont de plusieurs ordres :
 
• D’abord, les milieux naturels peuvent fournir des services d’approvisionnement en fournissant des ressources répondant à nos besoins de base (alimentation, logement, vêtements…).
 
• Les services de régulation contribuent à fournir des conditions de vie propices à l’humain et tamponnent certains phénomènes extrêmes. Nous n’avons qu’à penser aux milieux humides qui constituent un filtre naturel pour l’eau et aux arbres bordant les rives d’un cours d’eau. Ces derniers contribuent à diminuer l’augmentation du niveau d’eau lors de précipitations abondantes ainsi qu’à protéger les berges de l’érosion.
 
• Finalement, les services socioculturels nous permettent de pratiquer diverses activités récréatives telles la chasse, la pêche et les randonnées en plein air.
 
Face à ces services écologiques fournis par les milieux naturels, divers intervenants s’intéressent maintenant à leur valeur économique. Le raisonnement associé à l’attribution d’une valeur économique à un milieu naturel intact est simple : un service écosystémique rendu par la nature a une valeur monétaire puisqu’en l’absence d’un milieu naturel pouvant le fournir, nos sociétés devraient payer pour l’obtenir autrement. La valeur économique des milieux naturels est loin d’être minime. Jean-Pierre Revéret, professeur de l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), indique que les services rendus par la nature fourniraient une valeur économique de 1,5 à 2 fois plus importante que les biens et les services produits par les humains.
 
Par ses objectifs de conservation et de mise en valeur de la biodiversité, le projet de paysage humanisé de l’Estran vise une utilisation saine des milieux naturels qui permettra un accès durable aux ressources naturelles et aux services écologiques du territoire. Il ne s’agit pas d’un frein au développement de notre communauté. Au contraire, il s’agit de favoriser le maintien, la poursuite et le développement des activités économiques, sociales et récréatives dans un souci de conserver nos acquis en matière de milieux naturels, de paysages et de patrimoine culturel.
 
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1 – Un écosystème correspond à un ensemble formé par un milieu physique et les organismes animaux, végétaux et bactériens qui y vivent. 
Sources :
• Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP)
• La Semaine verte, Société Radio-Canada
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