Inondation? Rivière? Sinistré? Sécurité Civile

Dans No 03 - Avril-Mai 2008. par

Inondation… Rivière… Sinistré… Sécurité Civile…

QUESTIONS ET RÉPONSES

Q: Combien de sinistrés sont touchés par l’application du décret spécial suite aux pluies diluviennes d’août 2007 ?

R :   Il y a 25 citoyens qui pourront bénéficier du programme, dont 24 à qui la sécurité civile a offert les quatre options suivantes :
– allocation de déplacement (déplacement de la résidence sur un autre terrain ou acquisition d’une nouvelle résidence à Grande-Vallée)
– immunisation (construction d’une nouvelle fondation selon des critères préétablis)
– réparations (réparations des dommages)
– allocation de départ (le citoyen quitte la municipalité);

 Q :    Qu’est ce qui leur est offert ?

R : Le calcul est différent pour chacune des options. L’aide maximale est offerte aux citoyens qui choisissent l’option allocation de déplacement, qui doit nécessairement se faire à l’extérieur de la zone inondable. Voici un exemple :
– montant des travaux d’urgence défrayés par le   citoyen   5 000 $­­­ pour la nouvelle résidence
– peu importe le montant réel de la transaction  100 000 $­­­
– frais maximum pour la démolition de l’ancienne résidence 8 000 $­­­
– après cession du terrain pour 1$­­­
– selon  l’évaluation municipale  4 000 $­­­
– Aide financière totale octroyée 117 000 $­­­

Il s’agit donc d’un montant global pouvant atteindre plus de 2.5 millions de dollars qui sera injecté à Grande-Vallée, et qui permettra aux contribuables de la zone inondable d’assurer leur sécurité et celle de leurs biens.

 Q :    Est-ce que toutes les municipalités qui subissent des inondations bénéficient de ce programme ?

R :  Non. C’est par décret du Gouvernement du Québec qu’a été établi ce programme d’aide financière spécifique pour Gaspé, Grande-Vallée et Cloridorme. Comme on peut le constater dans les bulletins de nouvelles, il y a plusieurs municipalités qui sont aux prises avec des rivières qui débordent de façon récurrente depuis plusieurs années. Ces municipalités bénéficient du programme de base auquel les citoyens de Grande-Vallée ont droit habituellement et qui défraie seulement les réparations et le remplacement des biens essentiels.

Q :    Quelle est la réaction des sinistrés et de la population en général ?

R: Pour les sinistrés autant que dans la population, les réactions sont partagées.  Il y a des sinistrés qui nous disent recevoir le plus beau cadeau de leur vie, qu’il s’agit d’un REER qu’on leur offre, que même s’ils doivent hypothéquer leur nouvelle résidence de 20,30 ou 40 000$­­­; ils se retrouvent avec une nouvelle propriété qui en vaudra 3, 4 et 5 fois plus, et plusieurs laissent derrière eux les problèmes et le stress reliés aux inondations. D’autres sinistrés ont l’impression que la sécurité civile les considère comme les « problèmes » et non comme les « victimes » des inondations. Pour plusieurs, même immunisés, les solutions proposées demeurent un fardeau. Les citoyens non sinistrés ont également un discours très partagé. Certains sont complètement en désaccord avec le fait que le gouvernement dépense autant d’argent, ne veulent pas que la municipalité dépense leurs taxes pour régler le problème de la zone inondable en invoquant que ce n’est pas eux qui ont forcé ces gens à aller s’installer aux abords de la rivière.  À l’opposé, il y a ceux qui prônent l’urgence de procéder à différentes interventions, même si on doit le faire de façon délinquante, afin de remettre cette partie du territoire comme elle était il y a plusieurs décennies.

 Q :   Quelle est la position du conseil municipal ?

R : En premier lieu, le conseil municipal est très satisfait de l’intervention du gouvernement du Québec et de la sécurité civile concernant l’adhésion de Grande-Vallée au décret spécial. Force est d’admettre que c’est l’ampleur du sinistre à Rivière-au-Renard qui a permis à Grande-Vallée de bénéficier d’un programme aussi généreux. On n’a qu’à regarder ce qui se passe dans les autres régions victimes d’inondation pour reconnaître notre privilège. Comme dans toute organisation de gouvernance, qu’elle soit municipale, provinciale ou fédérale, les élus en place doivent composer avec les bons et les mauvais coups, les actions et les inactions de leurs prédécesseurs. C’est bien avant 2005 que le canal naturel débouchant entre les riverains Normand Minville et Émilien Bernatchez a été bouché, que des ponceaux ont été érigés à l’usine GDS via la route de la Rivière, chez Nelson Fournier, Marie-Paule Minville, Mario Minville et Mario Richard, que l’érosion se fait sentir sur les berges de la rivière, que les fossés ont été remplis sans prévoir de tuyau de drainage. Le conseil municipal n’a pas l’intention d’investir du temps et de l’énergie pour trouver les coupables et leur jeter la pierre. Par contre, il n’endosse pas la responsabilité des conséquences avec lesquelles il doit composer. Il est redevable envers les citoyens depuis novembre 2005 seulement.

 Quelle a été l’intervention des précédents conseils municipaux des 10, 25, 50 dernières années? 

Ont-ils posé des gestes préventifs, correctifs, répressifs?

Aucune intervention n’a été réalisée, mis à part le creusage de la rivière en 1973, dont les résultats ne sont pas concluants en ce qui concerne les inondations subséquentes . À preuve, des inondations sont survenues en 1974, en 1977, année d’une crue centenaire, en 1979, en 1980, une autre crue centenaire, et ainsi de suite. Dans un rapport intitulé analyse préliminaire de quelques solutions aux problèmes d’inondation et d’érosion des berges de la rivière de la Grande-Vallée à Grande-Vallée , réalisé en juin 1980, monsieur Roger Poulin, ing., division des études hydrauliques du ministère de l’Environnement, énonce les conclusions suivantes : « il est possible techniquement de solutionner le problème des inondations à Grande-Vallée le long de la rivière de la Grande-Vallée. Le moyen pour atteindre cet objectif est de creuser la rivière sur une longueur de 3.7 km

 À UN COÛT TOUT À FAIT DISPROPORTIONNÉ PAR RAPPORT AUX BÉNÉFICES ATTENDUS D’UN TEL PROJET

 La configuration de la zone inondée s’étend sur une longueur de 2.7 km et renferme 21 propriétés éparpillées de part et d’autre de la route menant à Murdochville. Une telle dispersion des propriétés NE PERMET PAS DE RETENIR AUCUNE SOLUTION GLOBALE sur le plan économique pour solutionner le problème des inondations… LA SOLUTION LA PLUS LOGIQUE ET LA PLUS ÉCONOMIQUE SERAIT LES MESURES INDIVIDUELLES DE PROTECTION qui pourraient consister en le REHAUSSEMENT DES TERRAINS ET DES MAISONS, en l’endiguement de petits secteurs, en L’IMPERMÉABILISATION DES FONDATIONS FISSURÉES….. le ministère des Transport du Québec devrait REHAUSSER LA ROUTE MENANT À MURDOCHVILLE SUR UN TRONÇON DE 400M COMME MESURE SOCIALE… »….. « POUR CE QUI EST DE L’ÉROSION DES BERGES…AUCUN DES 23 SITES MENTIONNÉS NE PEUT JUSTIFIER ÉCONOMIQUEMENT LA CONSTRUCTION DE PERRÉS. LES SEULS BÉNÉFICES ESCOMPTÉS ÉTANT LA VALEUR DES TERRAINS SITUÉS DANS LA ZONE D’INFLUENCE DES SITES D’ÉROSION ». Une copie de ce rapport a été acheminée à tous les membres du comité de la rivière. Par conséquent, bien que le comité rejette les conclusions formulées dans l’étude produite par les ingénieurs de la firme BPR et confirmées par le MDDEP en 2004, le conseil municipal est forcé de reconnaître que leurs recommandations sont comparables aux conclusions énoncées par monsieur Poulin en juin 1980. Suite au rapport de BPR, le ministère de l’Environnement recommande d’orienter les démarches dans l’ordre décroissant suivant :

1)     REHAUSSEMENT DES RÉSIDEN-CES ET RECONSTRUCTION DES INSTAL-LATIONS SEPTIQUES   

2)     REHAUSSEMENT DE LA ROUTE Pour ces deux premières options, BPR considérait seulement 7 résidences et 1500 mètres de route. L’estimation préliminaire était de 650 000$­­­ pour le rehaussement des 7 résidences et de 2.4 millions de dollars pour le rehaussement de la route. La sécurité civile injectera plus de 2.5 millions de dollars pour 25 résidents.

3)     CANAL DE DÉRIVATION :  cette alternative consiste à creuser un fossé à partir de la rivière Grande-Vallée directement en amont du secteur touché par les inondations, lequel traverse la route de la rivière et se poursuit dans un secteur en friche avant de retraverser la route pour se déverser de nouveau dans la rivière en aval de la zone d’inondation. Estimation préliminaire de cette solution : 1.6 million de dollars plus les coûts environnementaux prévisibles. Leur conclusion : le niveau de protection offert est insuffisant.

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p align= »justify »>4)     DRAGAGE DE LA RIVIÈRE SUR UNE LONGUEUR DE 290 MÈTRES : leurs conclusions : environ 50% du volume à draguer est constitué de roc plus ou moins friable, ce qui peut nécessiter du dynamitage et l’emploi de machineries spécialisées. Intervention assujettie à la réalisation d’une Étude d’impact sur l’environnement. Estimation préliminaire des coûts 2.2 millions de dollars auxquels il faut également ajouter des coûts environnementaux, notamment pour la réalisation de l’étude d’impact. Selon la vitesse à laquelle les sédiments transportés par les eaux de la rivière se déposeront dans le secteur excavé, la même problématique pourrait réapparaître. Cette solution apparaît donc ponctuelle et pourrait nécessiter des opérations récurrentes de dragage. Il est également important de rappeler les changements majeurs intervenus dans le cadre législatif relié à la gestion des cours d’eau depuis quelques années: 1987 : adoption de la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables, bonifiée en 1991 et en 1996 2005 : adoption de la Loi sur les compétences municipales qui transfère la responsabilité, à l’égard des cours d’eau, aux MRC 2005 : adoption du décret 1292-2005 concernant l’exclusion de cours d’eau ou de portion de cours d’eau de la compétence des MRC (rivière Grande-Vallée : à l’endroit où il y a flux et reflux de la marée – soit jusqu’aux environs de l’ancienne maison de M. Dollard Fournier) Dans les faits, ces nouvelles législations sont venues enlever tout le pouvoir qu’avaient les municipalités locales, d’intervenir dans la gestion des cours d’eau qui coulent sur leur territoire. Le conseil n’a donc pas l’intention d’improviser ses interventions et de se placer en situation de contravention. Nous n’engagerons pas la responsabilité de l’ensemble des citoyens dans des actions qui pourraient entraîner des poursuites judiciaires C’est pourquoi le conseil considère que la présence de la sécurité civile, encadrée par un décret généreux, représente une opportunité qui risque de ne plus se présenter et dont il faut tirer profit. Dès leur première visite en août 2007, nous sommes intervenus afin de demander des interventions visant à atténuer les conséquences des crues d’eau. Nous avons soumis les solutions qui avaient été envisagées par la firme BPR et la conclusion qu’en avait tirée le ministère de l’Environnement. Nous avons demandé l’analyse des experts hydriques de la sécurité civile dans un contexte global. Si ces recommandations ne tiennent pas la route, vous devez nous proposer d’autres solutions et nous offrir l’aide financière pour les rendre à terme. En mars 2008, la Chef de Service nous acheminait une correspondance qui dit ceci : « ..vous serez convoqué à participer à une rencontre réunissant les experts du Service de l’atténuation des risques et nos collègues de l’aide financière afin de discuter du résultat de l’analyse des solutions proposées dans les documents analysés et, le cas échéant, de solutions alternatives à être envisagées ». Nous ne pouvons espérer mieux que l’avenue qui se présente à nous avec ce ministère, qui a démontré qu’il est à l’écoute et qu’il partage notre désir de solutionner le problème de la façon la plus permanente possible. Ce n’est qu’avec eux que nous pourrons forcer les réponses positives des autres ministères qui interviennent dans la gestion des cours d’eau. Nous avons donc l’intention de continuer à travailler avec eux dans un esprit de partenariat et non de confrontation.

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