RÉTROSPECTIVE 2006 d’Estran-Agenda 21

Dans No 10 - Décembre 2006. par

Le présent texte a pour but de vous informer sur les différentes activités réalisées par Estran-Agenda 21 en 2006.

APPUI FINANCIER

Pour la réalisation de ses activités, Estran-Agenda 21 a bénéficié de diverses sources d’appui financier. Ainsi, le Programme de conservation de la nature en milieu privé du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) a rendu possible deux projets : le premier permettant de débuter l’inventaire de l’agrobiodiversité et l’autre visant à transmettre l’information recueillie à la population. D’autre part, le Fonds d’action québécois pour le développement durable (FAQDD) et son partenaire le gouvernement du Québec, a permis le travail de concertation et la participation d’estranais à des événements reliés au développement durable.


DEMANDE DE RECONNAISSANCE

L’objectif principal d’Estran-Agenda pour 2006 consistait à déposer auprès du MDDEP une Demande de reconnaissance de Paysage humanisé projeté, afin d’obtenir un statut reconnaissant l’Estran comme un territoire remarquable tout en y permettant la poursuite et l’évolution des activités humaines en vue d’un développement durable. Le document, structuré en trois parties, présente le territoire, son histoire et ses gens (Partie A, chapitres 1 à 4), et ses patrimoines – naturels, paysagers et culturels – (Partie B, chapitres 5 à 8), et la volonté commune des gens du territoire dans la Partie C, intitulée « Le projet de Paysage humanisé de l’Estran ».

… appui des experts

Diverses études avaient été menées en Estran par les chercheurs de l’Université Laval, au cours des années 2002 et 2003. Ces études portaient, en outre, sur l’agriculture (Bertrand Anel), la foresterie (Marie-Élise Roy), les érablières (Annie Lepage), le paysage naturel et bâti (Pierre Larochelle), le tourisme (Isabelle Charron), en plus des travaux et documentaire produits par Véronique Audet sur le Paysage humanisé. Suivant un plan de travail élaboré en octobre 2005, Vincent Gerardin et d’autres professionnels du MDDEP et de la Chaire en Paysage et Environnement de l’Université de Montréal ont pu, grâce aux études précitées ou autres références, poser un jugement sur l’état des potentiels de l’Estran et découvrir des carences mais aussi des caractéristiques remarquables. Ce diagnostic leur a permis d’identifier des enjeux. Par exemple, un diagnostic constatant la décroissance démographique a pour enjeu la survie des quatre villages.


… participation locale

Pour la partie C de la Demande, après avoir recensé et contacté les organismes et institutions de l’Estran afin de leur faire connaître le projet, Estran-Agenda 21 invita leurs représentants à s’impliquer dans la démarche. Près d’une quarantaine de personnes ont participé à un exercice qui consistait à visualiser comment ils voudraient voir l’Estran en 2025. Le texte de cette vision (voir le texte « Vision de l’Estran en 2025), a été développé à partir des éléments recueillis en concertation et fut inséré dans la Demande de reconnaissance. Les participants de la Table de concertation firent également connaître de nombreux sites d’intérêt naturels, paysagers ou culturels pouvant être mis en valeur en Estran.

Par le biais de comités sectoriels, après avoir validé les diagnostics et enjeux, près d’une trentaine de personnes en provenance des quatre villages indiquèrent les orientations à prendre pour la conservation et mise en valeur du territoire de l’Estran, en ce qui concerne les aspects sociaux, économiques, touristiques, naturels et culturels.

Puisqu’Estran-Agenda 21 agissait au nom des quatre municipalités et des deux Municipalités régionales de comté (MRC) dans la préparation de la Demande de reconnaissance, des séances d’information furent tenues avec les élus tout au long de la démarche, et ce, jusqu’à l’adoption d’une résolution pour procéder au dépôt. Le document de Demande de reconnaissance fut déposé en juillet 2006 auprès du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. Estran-Agenda 21 espère la réponse de ce dernier autour de février 2007.


INVENTAIRE DE L’AGROBIODIVERSITÉ

Comme mentionné plus haut, un des projets d’Estran-Agenda 21 concernait l’approfondissement de l’inventaire de l’agrobiodiversité, c’est-à-dire la diversité des espèces vivantes en lien avec l’agriculture sur le territoire. Sous la supervision de Vincent Gerardin, alors responsable du projet de Paysage humanisé au MDDEP, trois jeunes ont parcouru le territoire agricole de l’Estran, rencontrant les producteurs, identifiant et catégorisant la diversité tant des espèces animales et végétales, que paysagères. L’équipe de Véronique Bisaillon, spécialisée en génie forestier et étudiante à la maîtrise en sciences forestières à l’Université Laval; Gilles Gagnon, de la Fondation Québec-Labrador, diplômé de deux maîtrise (Environnement et Aménagement du territoire) et André-Pierre Minville, étudiant en Techniques forestières, présenta leur rapport devant chacun des conseils municipaux en août 2006.


CARTOGRAPHIE DES SITES D’INTÉRÊTS

À l’automne, le Corps des Cadets 3007 réalisa la cartographie des sites d’intérêts identifiés lors de la Table de concertation. Avec boussole et caméra, ce travail initial devant servir à la mise en valeur s’est conclu par la présentation à Estran-Agenda 21 de deux cartes couvrant tout le territoire, sur lesquelles les sites sont indiqués par un numéro.


SONDAGE CONCERNANT L’ACCEPTATION DU PAYSAGE HUMANISÉ

Toujours à l’automne, Estran-Agenda 21 a réalisé un sondage téléphonique auprès de la population afin de connaître son opinion par rapport à la démarche de reconnaissance de Paysage humanisé projeté. Nous reproduisons ci-dessous les résultats du sondage. À noter que sur une possibilité de 1164 foyers, 542 personnes ont accepté de répondre au sondage et 535 personnes ont indiqué être en faveur de la démarche. Estran-Agenda 21 remercie le personnel temporaire des municipalités de Grande-Vallée et Cloridorme pour la réalisation de ce sondage, en particulier madame Francesca Synnett.


VISITE DE SACRÉ-CŒUR-SAGUENAY

Une douzaine de personnes de l’Estran visitèrent le village de Sacré-Cœur-Saguenay, dont l’expérience de plus de vingt ans de prise en charge locale du développement fut décrite dans un reportage de Radio-Canada reproduit dans le présent journal en novembre dernier. Accueillis par monsieur Marc Gilbert, Président et Directeur général de Boisaco, les estranais ont pu rencontrer les dirigeants des coopératives Cofor, Unisaco et Graniber; se faire expliquer l’historique et le fonctionnement de Boisaco, avant de visiter les usines Unisaco, Pansaco, Ripco, Bersaco et Graniber.

Toutes ces entreprises sont résultantes de l’investissement de départ et du réinvestissement d’une partie des profits dans la diversification des activités locales de développement, tels que stipulés dans la Charte de Boisaco. Non seulement le contexte économique actuel de l’Estran ressemble, en moins pire, au contexte qui prévalait à Sacré-Cœur-Saguenay au moment de la mise sur pied du complexe coopératif Boisaco (Investra-Unisaco-Cofor), mais, selon monsieur Gilbert, le potentiel estranais serait avantagé et donc plus favorable, considérant la richesse des ressources humaines et naturelles de l’Estran, et la solidarité naissante des quatre villages.


DIFFUSION DE L’INFORMATION

Pour atteindre un des objectifs de sa charte, qui concerne l’éducation, la sensibilisation et l’information de la population de l’Estran, Estran-Agenda 21 a terminé l’année 2006 par la réalisation de deux projets. Le premier se veut un outil de sensibilisation à la conservation et la mise en valeur de la biodiversité sous forme d’un calendrier (2007), distribué à chacun des foyers de l’Estran. Le second constitue la présentation au grand public de son rapport annuel d’activités, par le biais du journal et de la télévision communautaires.

L’équipe 2006 (personnel et membres du Conseil d’administration) d’Estran-Agenda 21 tient à remercier les partenaires financiers et techniques (MDDEP, Université Laval, Université de Montréal, Fondation Québec-Labrador), les quatre conseils municipaux et les estranais, dont la participation et le partenariat rendent possible la prise en charge locale du développement, de la conservation et de la mise en valeur du territoire de l’Estran pour faire du Paysage humanisé un réel projet de société.

Le texte qui suit a été développé à partir des éléments recueillis lors de la table de concertation. La Vision de l’Estran de l’An 2025 est le territoire dans lequel les participants souhaiteraient vivre ou voir en l’an 2025.

En 2025, l’Estran est un territoire remarquable pour ses patrimoines naturels, paysagers et culturels, géré par ses habitants et bénéficiant tant à ses résidents qu’à ses visiteurs; dans un mouvement confiant vers l’avenir, qui valorise le passé, le présent et les générations futures.


SOCIAL

Sur le plan social, l’Estran est demeuré le havre de paix et de sécurité de toujours, imprégné de la typique joie de vivre de ses habitants. L’évolution dynamique du milieu, avec une ouverture et capacité d’adaptation dans un constant souci d’amélioration de la qualité de vie, font de l’Estran un territoire convoité. En effet, depuis le début du 21ème siècle, une solidarité accrue grâce aux valeurs ancestrales (famille, entraide, sentiment d’appartenance et accueil) a permis d’atteindre les objectifs de maintien et même de croissance de la population dans une composition démographique diversifiée. Les services publics et des activités communautaires variées –culturelles, sportives et de loisirs, – fonctionnent de façon optimale pour tous à l’intérieur de l’Estran. Graduellement, les estranais d’adoption et d’origine se sont forgée une nouvelle identité territoriale pluraliste.

En Estran est née une forme d’éducation originale – reconnue par l’État -, démocratique et continue, basée sur la générativité, c’est-à-dire où il y a une participation active des aînés dans la transmission des savoirs, savoir-faire et savoir-être aux jeunes. Les savoirs ainsi transmis rendent les générations montantes aptes à vivre en harmonie sur les plans social, économique et environnemental, tant en Estran qu’à l’extérieur.


ÉCONOMIQUE

L’économie florissante de l’Estran est basée de plus en plus sur des structures de formes collectives (ex.: coopératives) offrant des emplois humainement valorisants et économiquement équitables dans la perspective de développement durable.

L’éloignement est perçu comme un atout pour le développement des activités économiques, familiales et sociales à l’intérieur des limites territoriales.

Les communications ont permis de «rapprocher virtuellement» l’Estran des grands centres urbains par l’accès à l’information et à la formation « à distance », minimisant de ce fait l’exode de la population active. L’équilibre économie – société – environnement permet l’épanouissement personnel dans toutes ces dimensions (les gens « travaillent pour vivre » plutôt que « vivent pour travailler »).


ENVIRONNEMENT

À partir d’un programme intensif et continu d’éducation et de sensibilisation de la population et de ses visiteurs, la planification d’actions, d’exploitation, d’aménagement et de conservation -dans une perspective durable -ont permis non seulement de préserver mais également mettre en valeur le caractère remarquable des patrimoines naturel – terrestre et maritime- et culturels de l’Estran.

Les estranais sont maintenant sensibles à la conservation de la nature et ont adopté un mode de consommation responsable visant à minimiser de la pollution, par des programmes efficaces, tels : gestion des matières résiduelles, transport en commun, etc.

Print Friendly, PDF & Email

Réagissez à cet article