La Maison des Jeunes vous informe…

Dans No 02 - Mars 2006. par

Nous avons cru bon, dans le but de sensibiliser les jeunes, leurs parents et leur entourage,vous informer sur une nouvelle réalité à laquelle nos jeunes sont confrontés, la drogue du viol. Nous avons souvent tendance à croire que le GHB (drogue du viol) n’est disponible que dans les grands centres. À notre grand étonnement, dans notre région, cette substance est facilement accessible et les conséquences peuvent être graves.   Je vous invite à lire le texte qui suit et à en faire une réflexion.

Nathalie Côté, coordonnatrice-animatrice

Un soir, Véronique (nom fictif) invite des amis chez elle pour un dernier verre (deux gars, deux filles). Pendant qu’ils sirotent leur dernier verre, Véronique et sa copine se sentent mal. Cette dernière quitte l’appartement de Véronique qui, elle, reste seule avec les deux hommes. Toute la nuit, ceux-ci ont abusé d’elle. Une soirée qui s’est mal terminée «J’ai fait des choses qui m’ont choquée, des choses qui n’étaient pas dignes de moi, de qui j’étais» raconte celle qui a mis un an pour admettre qu’elle avait été violée. «Ce n’était pas moi qui décidais de ce que je faisais. Je pouvais voir que je faisais des choses qui normalement me répugnaient, mais je ne pouvais pas reprendre le contrôle de la situation. Je me laissais faire, tout simplement.»

Agressée

Ce n’est que le lendemain qu’elle peut reprendre ses sens. Pendant des mois, elle se culpabilise, croit qu’elle est devenue celle qu’elle n’a jamais été. «C’est en en parlant avec mes amis, au fil des mois, que j’ai pu comprendre que j’avais été violée.»   Véronique a été, comme bien d’autres jeunes femmes, victime d’une des nombreuses drogues du viol. Illégales au Canada, il n’est cependant pas difficile de s’en procurer. Debbie Trent, intervenante au Centre des victimes d’agressions sexuelles de Montréal, explique que beaucoup de jeunes femmes rapportent des cas semblables, mais comme on n’en parle pas beaucoup et que l’entourage de la victime a souvent tendance à banaliser ce type d’agression, il est difficile d’en faire le suivi.

Les drogues du viol

Pourtant, le problème est réel. Les deux drogues du viol les plus connues, le GHB et le Rohypnol, se vendent entre 5$­­ et 20$­­ la fiole ou le comprimé. Combinées à l’alcool, ces deux substances produisent leur effet en 20 minutes. Inodores et incolores, elles demeurent dans le sang pas plus de 48 heures. Généralement, la femme qui a consommé cette substance se réveille à moitié nue, le corps endolori et des traces d’agressions sexuelles sont présents.   Ne laissant aucun arrière-goût, elles sont facilement cachées dans une consommation qu’un inconnu vous offre dans une soirée. Et les effets peuvent être graves dans les cas extrêmes: amnésie, dépression respiratoire, inconscience, léthargie, coma…

Des séquelles psychologiques

Sans compter que la victime de ces drogues peut avoir de la difficulté à s’en remettre, psychologiquement, le fait de ne se souvenir de rien est une source d’angoisse supplémentaire. A-t-on pris des photos? L’agresseur était-il seul ou avec d’autres? Y a-t-il un risque d’avoir contracté une maladie? Le VIH? D’être enceinte? Voilà des questions qui viennent troubler la personne dont on a abusé.  «J’en étais venu à croire que puisque j’étais incapable de refuser de me soumettre à ces deux hommes, j’avais changée, j’étais devenu quelqu’un d’autre» témoigne encore Véronique.

Pour se protéger

Quelques conseils pour se protéger des drogues du viol: toujours garder un œil sur son verre; ne pas accepter de consommation dont on ignore la provenance et se fier à son instinct dès qu’on a un doute (comme refuser de se faire raccompagner par quelqu’un avec qui on ne se sent pas à l’aise); sortir en groupe et se surveiller les uns les autres. si une personne près de vous a un comportement soudainement exubérant ou inhabituel, ou semble plus ivre qu’elle ne devrait l’être, intervenez. Vaut mieux se tromper que de négliger de la protéger.; si vous êtes seul(e) et que vous sentez un malaise, une désorientation ou une ivresse anormale, téléphonez à une personne proche ou encore faites le 911.

Source : Jean-François Parent – Canoë

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