Opinion du lecteur

Dans No 04 - Juin 2005. par

La direction et le conseil municipal : Un frein au développement de Grande-Vallée?
Raphaël Fournier

Après quelques semaines passées à Grande-Vallée, suite à un long séjour à l’extérieur du pays, je constate un état de mobilisation plus détériorée que jamais au sein de la population.

Considérant que j’ai remisé mon habit d’agent de développement de Grande-Vallée avant mon départ, il m’est maintenant possible, à titre de simple citoyen, de formuler une critique de notre gouvernement municipal.

Je souhaite tout d’abord mentionner, à la décharge de la direction et du conseil municipal, que le développement économique et touristique, dans une région éloignée, n’est pas une mince tâche. Qui plus est, les deux gouvernements libéraux font preuve d’un manque de collaboration avec les gouvernements municipaux, plus particulièrement dans les zones rurales qui ne sont pas situées à proximité de pôles urbains.

Par contre, la position géographique de Grande-Vallée ainsi que le manque de collaboration des deux paliers de gouvernements ne sauraient expliquer, à eux seuls, l’état inquiétant de nos perspectives d’avenir.

Les autorités municipales ont démontré, au cours des dernières années, un manque flagrant de vision, de leadership, d’audace et d’ouverture d’esprit.

Grande-Vallée s’est alors retrouvée dans une situation où les autorités, à défaut d’être en mesure de prendre des initiatives constructives, ont commencé à critiquer, juger et réprimer plusieurs initiatives venant de la population, dans le but de camoufler leurs propres incapacités. Il s’en est donc résulté une démobilisation quasi-totale des citoyens dynamiques de Grande-Vallée.

En plus, certains membres du gouvernement local ont confondu l’imposition d’une ligne de pensée avec l’adoption d’une vision commune ou encore le développement d’une action concertée, ce qui a créé une dynamique où les idées d’une personne (ou d’un groupuscule) ont été systématiquement imposées à toutes les personnes et organismes gravitant autour du développement économique et touristique. Encore une fois, il en a résulté une démobilisation massive de la population.

Nous voilà donc, en juin 2005, dans un milieu non seulement déstructuré et dévitalisé, mais contenant une population totalement démobilisée. Sachant qu’un village ne peut évoluer et qu’une municipalité ne peut se développer sans le support de ses citoyens, quel est l’avenir de Grande-Vallée?

Malgré tout, la direction ainsi que le conseil municipal ne semblent pas réaliser l’urgence de la situation et ils s’entêtent toujours à ne pas embaucher d’agent de développement à temps plein.

Pour ajouter l’insulte à l’injure, il semble qu’un des principaux employeurs du secteur songerait à déménager son entreprise suite à une bourde éthique d’une personne de l’administration municipale.

S’ils ne rectifient pas le tir très bientôt, je suggère aux autorités de procéder à l’embauche d’un agent de gestion de la décroissance, car ce sera la seule chose qu’il y aura à gérer.

La démocratie étant ce qu’elle est, la population aura de nouveau la chance de s’exprimer par vote à l’automne prochain. En souhaitant que ces quelques lignes puissent vous être utiles dans l’évaluation que vous ferez des candidats.

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